Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, veut donner une nouvelle dimension au Fonds spécial pour la promotion de l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes (FSPEEJ). Lors de la cérémonie de remise des documents de formalisation à 537 jeunes entrepreneurs, tenue samedi 12 septembre au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC), le chef de l’État a instruit le gouvernement, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, de renforcer substantiellement cet instrument.
Cinq priorités ont été fixées, avec l’exigence centrale de faire de la formalisation non pas une finalité, mais le point de départ d’une véritable croissance des entreprises.
Donner au FSPEEJ les moyens de ses ambitions
Félix Tshisekedi a placé la sécurisation des moyens d’action du FSPEEJ au premier rang des priorités.
Le chef de l’État demande au gouvernement d’engager un examen destiné à consolider la dotation du Fonds et à rendre plus prévisibles les ressources consacrées à la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes.
« Nous devons donner au Fonds les moyens de ses missions, tout en garantissant une gestion rigoureuse et transparente et orientée vers les résultats », a déclaré Félix Tshisekedi.
Pour le Président, le renforcement du FSPEEJ ne peut toutefois pas se limiter à une augmentation de ses moyens. Il doit également s’accompagner d’une exigence de bonne gouvernance et d’efficacité dans l’utilisation des ressources publiques.
L’enjeu est donc de donner au Fonds des moyens à la hauteur de ses missions et s’assurer que ces moyens produisent des résultats mesurables pour les jeunes entrepreneurs.
Adapter l’accompagnement aux différentes étapes de l’entreprise
La deuxième orientation présidentielle est d’adapter les instruments du FSPEEJ aux besoins réels des entrepreneurs selon le niveau de maturité de leurs entreprises.
Le chef de l’État estime qu’un porteur d’idée, une jeune entreprise fraîchement formalisée et une entreprise déjà engagée dans une phase de croissance ne peuvent pas être accompagnés de la même manière.
« Les besoins des porteurs d’idées ne sont pas les mêmes que ceux d’une jeune entreprise formalisée ou d’une entreprise déjà engagée dans une phase de croissance », a expliqué le Président.
Cette approche vise à éviter un accompagnement uniforme et à permettre au Fonds de répondre plus précisément aux difficultés rencontrées à chaque étape de la vie d’une entreprise.
Pour Félix Tshisekedi, l’objectif final doit rester la consolidation des activités, l’augmentation de la production et la création de nouvelles opportunités économiques.
Après la formalisation, un accompagnement doit se poursuivre
Le troisième axe concerne directement les jeunes qui viennent d’obtenir leurs documents officiels.
Pour le chef de l’État, la formalisation ne doit pas marquer la fin de l’intervention publique. Elle doit ouvrir une nouvelle phase d’accompagnement.
« Troisièmement, organiser un véritable accompagnement après la formalisation », a-t-il instruit.
Cet accompagnement doit notamment permettre aux bénéficiaires d’accéder, en fonction de leurs besoins, à la formation en gestion.
Cette exigence rejoint le constat selon lequel disposer d’une existence juridique ne suffit pas à garantir la pérennité d’une entreprise. La gestion, la connaissance du marché, la comptabilité, la capacité à développer son activité et à conquérir de nouveaux marchés deviennent ensuite déterminantes.
Le Président a ainsi appelé les jeunes à prendre pleinement leurs responsabilités après leur formalisation.
« Ces documents vous ouvrent des voies et des perspectives. Mais ils vous imposent également une exigence : celle de construire par votre travail, dans l’intégrité et la rigueur de gestion », a-t-il lancé.
Faire de la formalisation un point de départ
C’est l’un des messages centraux du discours présidentiel.
Pour Félix Tshisekedi, la formalisation doit permettre aux entreprises de gagner en crédibilité et d’accéder progressivement à davantage d’opportunités économiques. Elle ne doit cependant pas devenir une nouvelle source de contraintes pour les entrepreneurs.
« La formalisation ne doit pas devenir une porte ouverte aux tracasseries administratives ou à une pression fiscale disproportionnée. Elle ne doit pas être l’aboutissement de l’accompagnement public. Elle doit en constituer le commencement », a martelé le chef de l’État.
Cette orientation donne au FSPEEJ une mission qui dépasse la simple mise en conformité administrative des entreprises.
Le Fonds est appelé à devenir un instrument de consolidation et de croissance, capable d’accompagner les jeunes entrepreneurs au-delà de l’obtention de leurs documents.
1.127 entreprises déjà accompagnées
Cette nouvelle orientation intervient alors que le FSPEEJ affiche déjà des résultats en matière de formalisation.
Pour la deuxième cohorte, 780 entreprises de jeunes ont été accompagnées dont 537 à Kinshasa, 129 dans le Haut-Katanga et 114 au Kasaï-Oriental.
Avec les 347 entreprises de la première cohorte, le nombre total d’entreprises accompagnées depuis le lancement de l’initiative atteint 1.127.
Pour le Président de la République, ces chiffres constituent une avancée, mais ils doivent surtout ouvrir la voie à des résultats économiques plus importants.
« Je souhaite que nous puissions, dans quelques années, constater que les entreprises accompagnées aujourd’hui ont consolidé leurs activités, augmenté leur production et créé de nouvelles possibilités pour d’autres jeunes. C’est cela même le sens véritable de cette initiative », a-t-il déclaré.
De l’entreprise formalisée à l’entreprise créatrice d’emplois

L’ambition présidentielle repose finalement sur un changement d’échelle pour pouvoir passer du nombre d’entreprises accompagnées au nombre d’entreprises capables de produire durablement de la valeur.
Félix Tshisekedi a rappelé que derrière chaque entreprise se trouvent des activités économiques, des clients, des fournisseurs, des services et potentiellement des emplois.
« Derrière chaque entreprise, il y a de l’activité, il y a de la croissance. Derrière chaque entreprise, se trouvent également des clients à servir, des services à développer, des fournisseurs à mobiliser et des emplois », a-t-il souligné.
Le chef de l’État refuse toutefois de présenter l’entrepreneuriat comme une solution miracle au chômage des jeunes. Il demande plutôt à l’État de créer un environnement dans lequel ceux qui disposent d’une idée viable, d’un savoir-faire ou d’une opportunité économique peuvent réellement avancer.
« Il ne s’agit pas de présenter l’entrepreneuriat comme une solution miracle ni comme l’unique voie d’insertion professionnelle. Il s’agit de faire en sorte qu’un jeune disposant d’une idée viable, d’un savoir-faire ou d’une opportunité économique ne soit pas empêché d’avancer par la complexité administrative, l’insuffisance de l’accompagnement ou le manque d’information », a-t-il précisé.
Le défi de l’après-formalisation
Par ces instructions, le Président de la République fixe donc au gouvernement une nouvelle étape pour le FSPEEJ de passer de la formalisation à la consolidation des entreprises.
Le défi sera désormais de traduire ces orientations en mécanismes concrets par des ressources sécurisées, des instruments adaptés au cycle de vie des entreprises, une formation en gestion et surtout un accompagnement qui permette aux jeunes structures de survivre, de se développer et d’accéder à de nouvelles opportunités.
Car, pour Félix Tshisekedi, la réussite du programme ne se mesurera pas seulement au nombre de documents remis. Elle se mesurera dans quelques années à la capacité de ces entreprises à augmenter leur production, conquérir de nouveaux marchés, créer des emplois et ouvrir à leur tour des possibilités à d’autres jeunes Congolais.
Lydia Mangala


