Kinshasa, 8 juillet 2026. La ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a expliqué les raisons ayant conduit les autorités à procéder rapidement à l’enfouissement de la baleine retrouvée échouée à Muanda, dans la province du Kongo-Central.
L’enfouissement de l’animal avait suscité des interrogations, notamment dans les milieux scientifiques. Plusieurs voix estimaient que des investigations approfondies auraient dû être menées avant cette opération, afin de déterminer les causes de la mort du mammifère marin et de préserver les données scientifiques susceptibles d’être recueillies sur sa carcasse.
S’exprimant mardi 7 juillet lors d’un briefing presse animé aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, la ministre de l’Environnement a indiqué que certaines baleines peuvent perdre leur orientation et se retrouver piégées sur des bancs de sable.
Dans ce type de situation, a-t-elle expliqué, l’intervention consiste généralement à porter assistance à l’animal et à le remettre à l’eau à l’aide d’équipements spécialisés. La RDC, confrontée pour la première fois à un tel cas, ne disposait cependant pas du matériel nécessaire pour mener une opération de sauvetage de cette ampleur.
Des risques sanitaires à éviter

Selon Marie Nyange Ndambo, la décision d’enfouir rapidement la carcasse a été motivée avant tout par des considérations de santé et de sécurité publiques.
« Une baleine se décompose rapidement et nous ne pouvions pas conserver sa carcasse longtemps au risque de mettre la communauté en danger. Une fois morte, cet animal produit des gaz toxiques particulièrement nuisibles à la santé. Il fallait donc nous en débarrasser rapidement et tirer les leçons de cette expérience afin d’être mieux préparés à l’avenir », a-t-elle déclaré.
La ministre a précisé que la décomposition d’un animal de cette taille peut entraîner la prolifération de bactéries et d’insectes, attirer des charognards et provoquer de fortes odeurs. Le processus génère également d’importantes quantités de gaz, notamment du méthane et du sulfure d’hydrogène.
« Une baleine peut gonfler considérablement et, dans de rares cas, se rompre brutalement sous la pression de ces gaz », a-t-elle expliqué.
La présence prolongée de la carcasse pouvait également, selon elle, affecter temporairement la qualité de l’eau et du sol à proximité du site, particulièrement dans une zone fréquentée par la population.
Éloigner les curieux et protéger la population
La ministre de l’Environnement a également évoqué le risque lié à l’afflux de curieux autour de l’animal. Des personnes pouvaient être tentées de s’en approcher ou de toucher la carcasse, s’exposant ainsi aux risques sanitaires liés à sa décomposition.
Face à cette situation, les autorités ont estimé qu’un enfouissement rapide constituait la solution la plus appropriée pour sécuriser le site et protéger les communautés locales.
Marie Nyange Ndambo a toutefois assuré que cette opération ne mettait pas définitivement fin aux possibilités d’investigations scientifiques. Des experts pourraient, à l’avenir, revenir sur le site afin de récupérer les ossements de l’animal après sa décomposition.
Ces éléments pourraient alors servir à des analyses scientifiques visant à mieux comprendre les circonstances de la mort de la baleine.
La ministre a enfin indiqué que cet épisode devait permettre à la RDC de tirer les enseignements nécessaires et de mieux se préparer à d’éventuels cas similaires, notamment en se dotant de mécanismes d’intervention et d’équipements adaptés au sauvetage des mammifères marins.
Joséphine Mawete


