La recrudescence des actes de violence dans plusieurs quartiers de Kinshasa s’est invitée au débat à l’Assemblée nationale. Le député national Éric Tshikuma Mwimbayi, élu de la circonscription de la Funa, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire préoccupante dans les communes de Makala et de Selembao, marquées récemment par plusieurs assassinats commis par des hommes armés.
À travers une motion d’information déposée devant la représentation nationale, l’élu a appelé le Gouvernement à prendre des mesures immédiates afin de restaurer la sécurité et de répondre aux inquiétudes des populations touchées.
Pour Éric Tshikuma, les drames enregistrés dans ces deux communes ne relèvent plus de simples faits isolés, mais traduisent une menace grandissante pour la sécurité publique et la confiance des citoyens envers les institutions de l’État.

« La sécurité des citoyens n’est pas une faveur, mais un devoir de l’État. Chaque citoyen mérite protection, justice et dignité », a rappelé le député national.
Dans son intervention, l’élu de la Funa a évoqué plusieurs cas d’assassinats qui ont plongé des familles kinoises dans le deuil.
À Makala, il a cité les cas d’Arnold Landu Ngondi, habitant du quartier Malala, ainsi que celui d’Étienne Mabiala, résidant dans le quartier Tampa, tous deux tués par balle par des hommes armés.
À Selembao, dans le quartier Kalunga, la famille de Michou Mininsa Maledi a également été frappée par la violence. Selon le député, l’un de ses fils a été tué tandis que son frère, grièvement blessé par balles, poursuit des soins médicaux.
Pour Éric Tshikuma, ces drames illustrent une dégradation inquiétante du climat sécuritaire dans la capitale et nécessitent une réponse rapide des autorités.
Face à cette situation, le parlementaire demande l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités et de faire toute la lumière sur ces crimes.
Il réclame l’identification, l’arrestation et le jugement de tous les auteurs présumés, leurs complices ou coauteurs, qu’ils soient des civils ou des membres des forces de sécurité.
Le député a également dénoncé les inquiétudes liées aux témoignages faisant état d’une implication présumée de certains hommes en uniforme dans des actes de violence. Pour lui, toute violation de la loi doit être sanctionnée afin de préserver la confiance entre la population et les institutions chargées de la protéger.
Outre les enquêtes judiciaires, Éric Tshikuma appelle à la mise en place d’un plan d’urgence de sécurisation de la capitale, particulièrement dans les zones exposées à l’insécurité.
Il sollicite notamment un renforcement des dispositifs sécuritaires dans les communes concernées, une meilleure coordination des services compétents ainsi qu’un accompagnement des familles victimes sur les plans médical, social et psychologique.
Dans le cadre du contrôle parlementaire, l’élu demande au Gouvernement de présenter un rapport circonstancié sur la situation sécuritaire dans un délai de quinze jours.
Il souhaite également l’audition des ministres concernés devant la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale ainsi que le déploiement d’une mission parlementaire dans les différents districts de Kinshasa pour évaluer l’ampleur du phénomène et formuler des recommandations.
Par cette démarche, Éric Tshikuma entend placer la question de la sécurité urbaine parmi les priorités de l’action publique.
Pour lui, la protection des citoyens constitue une responsabilité fondamentale de l’État et nécessite des réponses concrètes face à la montée des violences dans certains quartiers de Kinshasa.
Alors que les habitants de Makala et de Selembao continuent de réclamer davantage de sécurité, l’interpellation du député ouvre désormais la voie à un suivi institutionnel de cette situation qui préoccupe de plus en plus les populations kinoises.
Lydia Mangala


