La République démocratique du Congo ne doit plus se contenter d’être un simple fournisseur mondial de minerais. C’est le message lancé par la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) à l’ouverture de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, organisée à Lubumbashi.
Représentant le président national de la FEC, empêché, le premier vice-président Ambroise Tshiyoyo a estimé que le pays dispose aujourd’hui d’une opportunité historique grâce à ses immenses réserves de minerais stratégiques, devenus indispensables à la transition énergétique mondiale et aux nouvelles technologies.
« Nous avons la responsabilité collective de transformer cet avantage géologique exceptionnel en un véritable projet de développement national capable de faire de notre pays non seulement une puissance minière mondiale, mais également une puissance industrielle africaine de premier plan », a-t-il déclaré.
Selon la FEC, la RDC occupe désormais une place centrale dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais critiques. S’appuyant sur les statistiques de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), Ambroise Tshiyoyo a rappelé que le pays a produit près de 100 015 tonnes de cobalt en 2025, soit entre 73 % et 76 % de l’offre mondiale, ainsi que 3,48 millions de tonnes de cuivre, consolidant ainsi sa position parmi les principaux producteurs mondiaux.
Pour l’organisation patronale, cette richesse naturelle doit désormais servir de levier à une transformation plus profonde de l’économie nationale.
« Nous devons progressivement passer d’un modèle fondé sur l’exportation des minerais bruts à un modèle davantage orienté vers la transformation locale, la création de valeur ajoutée et le développement des chaînes industrielles intégrées », a soutenu Ambroise Tshiyoyo.
La FEC estime que l’avenir du secteur minier congolais passe par le développement d’industries de transformation capables de produire localement des produits à plus forte valeur ajoutée, notamment dans les filières du raffinage, des matériaux destinés aux batteries et d’autres industries liées aux minerais stratégiques.
Outre la production minière, l’organisation patronale souhaite voir émerger un tissu d’entreprises congolaises davantage intégré à la chaîne de valeur du secteur. Selon elle, la performance minière ne doit plus être évaluée uniquement à travers les volumes extraits, mais aussi à travers les emplois créés, les compétences développées et les retombées économiques générées au profit des populations.
La FEC plaide également pour que les ressources issues du secteur minier servent à soutenir la diversification de l’économie nationale, notamment dans des domaines comme l’agro-industrie, afin de réduire la dépendance du pays aux fluctuations des marchés internationaux.
Toutefois, Ambroise Tshiyoyo a rappelé que cette ambition industrielle ne pourra être atteinte sans relever plusieurs défis structurels. L’amélioration des infrastructures de transport, l’accès à une énergie fiable, la stabilité réglementaire, la sécurité juridique des investissements, la bonne gouvernance ainsi que la formation du capital humain figurent parmi les priorités identifiées.
Le premier vice-président de la FEC a également insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent entre le gouvernement, les entreprises minières, les investisseurs, les partenaires techniques et financiers ainsi que les communautés locales.
Pour la Fédération des Entreprises du Congo, c’est à cette condition que la RDC pourra bâtir une industrie minière compétitive, responsable et inclusive, capable de transformer son immense potentiel géologique en moteur durable de croissance et de prospérité.
La FEC réaffirme sa volonté d’accompagner toutes les initiatives visant à renforcer la transformation locale des ressources naturelles et à faire du secteur minier un véritable levier d’industrialisation pour la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


