Après des décennies d’attente et de désillusions, la République démocratique du Congo se trouve désormais au pied d’une muraille historique. Les hommes de Sébastien Desabre sont à 90 minutes pour valider leur ticket vers la phase finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026.
Pour rejoindre l’élite du football mondial, les Léopards devront s’imposer face au vainqueur du duel entre la Jamaïque et la Nouvelle-Calédonie. Une mission limpide, mais chargée d’une charge émotionnelle sans précédent pour toute une nation. Transféré au RC Lens, en Ligue 1 française lors du mercato hivernal, Arthur Masuaku s’est présenté en conférence de presse avec la gravité que requiert l’événement. Le latéral gauche congolais, cadre incontestable de la sélection, ne cache pas l’obsession qui anime le vestiaire. Pour lui, ce barrage, est un rendez-vous avec le destin.
« C’est sûrement le match pour nous, et je parle du peuple. C’est le match le plus important de l’histoire, parce que ça fait plus de 50 ans qu’on n’a pas participé à la Coupe du Monde. Il reste une marche et il ne faudra pas se louper », a martelé Masuaku avec une détermination froide.

Cette attente de plus d’un demi-siècle, puisque la dernière participation remontant à 1974 sous l’ère du Zaïre, pèse sur les épaules des joueurs. Mais, sert également de moteur. L’échec n’est pas une option pour cette génération qui veut briser le plafond de verre sans doute.
Au-delà du rectangle vert, Masuaku a tenu à souligner la portée sociale et symbolique d’une éventuelle qualification. Dans un contexte national marqué par des zones de turbulences et des conflits persistants, le football reste l’un des rares vecteurs d’unité et de fierté nationale. Le défenseur lensois a ainsi livré un témoignage poignant sur l’impact qu’un succès pourrait avoir sur le moral du peuple congolais
« Si on arrive à battre la Jamaïque ou la Nouvelle-Calédonie, je pense qu’on peut changer quelque part l’histoire du pays, parce que c’est un pays en guerre, oublié », a-t-il déclaré avec une sincérité désarmante.
La RDC n’est plus qu’à une étape pour transformer ses larmes en cris de joie. Si dans quelques jours, 11 hommes porteront les espoirs de 100 millions de cœurs, Arthur Masuaku et ses coéquipiers s’apprêtent à livrer le combat d’une vie.
Josaphat Mayi


