Dans le cadre de la campagne mondiale Octobre Rose, l’Université de Kinshasa, via son Ministère du Genre et de la Promotion de l’Étudiant, a organisé ce vendredi 24 octobre 2025 une conférence sous le thème : « Mon corps, ma santé : prévenir le cancer du sein ».
La conférence, tenue dans la salle de la Faculté de Polytechnique, a réuni étudiants, enseignants et intervenants spécialisés. Parmi eux, la Professeur docteur Gertrude Luyeye, oncologue réputée, a livré une intervention riche et détaillée sur les réalités du cancer du sein, ses facteurs de risque, l’importance du dépistage et la prévention.
Comprendre le cancer du sein : une prolifération cellulaire anarchique

Le Professeur Gertrude Luyeye a débuté son exposé en clarifiant les idées reçues du fait qu’il n’existe aucun médicament capable de prévenir le cancer du sein. Selon elle, le cancer est avant tout une prolifération anarchique des cellules qui échappent au cycle normal de vie et de mort des cellules.
Elle explique que cette anomalie peut rester invisible pendant plusieurs années. Dans de nombreux cas, une masse palpable ne se manifeste qu’après neuf ans, et elle n’est souvent pas douloureuse, ce qui explique pourquoi beaucoup de femmes consultent trop tard, parfois après l’apparition de métastases.
Facteurs de risque : modifiables et non modifiables
Le Professeur a distingué les facteurs de risque non modifiables de ceux modifiables :
Facteurs non modifiables :
– Être une femme,
– Âge avancé (le risque augmente après 70 ans),
– Antécédents familiaux : si plusieurs proches ont eu un cancer, le risque est accru, justifiant un dépistage dès 30 ans pour les membres directs de la famille,
– Ménopause précoce ou ménopause tardive,
– Première grossesse tardive (après 35 ans).
Facteurs modifiables :
– Mode de vie sédentaire : la pratique régulière d’activités physiques aide les cellules à respirer et réduit le risque,
– Alimentation déséquilibrée : excès de sucre et de sel favorisent la prolifération des cellules cancéreuses,
– Consommation excessive d’alcool : l’alcool augmente le risque chez les femmes,
– Stress chronique : il peut contribuer à affaiblir l’organisme et favoriser le développement de maladies.
Le Professeur a insisté sur le fait que même si certains facteurs ne peuvent être modifiés, le dépistage précoce et l’adoption d’un mode de vie sain peuvent réduire considérablement le risque de mortalité.
Dépistage et signes d’alerte : savoir réagir à temps
Selon la Professeur, toute masse dans le sein doit être examinée, mais toutes les masses ne sont pas forcément cancéreuses.
Elle a cité les signes d’alerte majeurs entre autres une masse palpable dans le sein ou sous l’aisselle, des odifications du téton (rétraction, écoulement anormal), un aspect peau d’orange ou rougeur persistante et une douleur inhabituelle ou nodules au niveau des ganglions
Elle a recommandé un auto-examen mensuel et de consulter immédiatement en cas d’anomalie, même si le doute subsiste.
Le cancer du sein n’est plus une fatalité
La Professeur Gertrude Luyeye a rassuré les étudiants que grâce aux avancées médicales, le cancer du sein n’est plus systématiquement fatal. Elle a partagé des exemples concrets de patientes traitées avec succès, y compris dans des cas compliqués ou pendant la grossesse.
Elle a également abordé les prothèses mammaires et les interventions chirurgicales qui fait que la reconstruction soir possible après ablation d’une tumeur, permettant aux patientes de préserver leur féminité et, souvent, leur capacité à avoir des enfants.
Encouragement à la prévention et à l’information
La Professeur a conclu en insistant sur le rôle crucial des étudiants et de la communauté dans la lutte contre le cancer :
– Se faire dépister régulièrement dès 30 ans en cas de risque familial,
– Sensibiliser leur entourage, familles et amis, pour briser les tabous,
– Partager l’information sur les réseaux sociaux et participer aux campagnes de sensibilisation.
Elle a souligné que la prévention et le dépistage sont les armes les plus efficaces pour lutter contre cette maladie, et que l’information est essentielle pour sauver des vies.
Par son intervention, elle a rappelé que le cancer n’est pas une fatalité et que l’éducation, la prévention et le dépistage précoce peuvent sauver des vies.
Lydia Mangala


