Depuis 1990—->2025… 35 ans après, certains hommes continent à gérer. Ils vivent aux mamelles du pouvoir. Chers frères et sœurs, Chers jeunes congolais, vous qui portez le poids de la désillusion, vous qui avez vu vos espoirs s’amenuiser au fil des promesses non tenues, cette lettre est pour vous. Pour vous qui vous sentez épuisés par les cycles inlassables de la politique, par l’impression que rien ne change vraiment, et que vos voix se perdent dans un désert d’indifférence politique et gouvernementale.
Nous comprenons cette lassitude qui s’installe, cette envie de baisser les bras face à l’ampleur des défis et aux pressions quotidiennes. La République, notre République Démocratique du Congo, ce rêve commun d’égalité, de justice et de prospérité pensée par nos ancêtres, semble parfois s’éloigner, laissant place à un quotidien où les difficultés persistent et les injustices s’accumulent.
Les scandales, la corruption, les détournements à grosse somme, l’inefficacité, linvivabilité environnementale,… tout cela mine notre confiance et érode le lien qui nous unit à l’idée même de la chose publique.
Une République des méritants, c’est possible !
Vous êtes nombreux à avoir le sentiment que vos efforts sont vains, que votre engagement ne pèse pas lourd face aux forces qui semblent dicter notre destin. Vous avez peut-être cru en des leaders, des leaders politiques, leaders jeunes et en des idéaux, pour finalement être confrontés à la réalité décevante d’un système qui broie les bonnes volontés.
Le cynisme est une tentation forte, une armure que l’on est tenté d’endosser pour se protéger de nouvelles déceptions.
Mais c’est précisément dans cette fatigue que réside un immense potentiel. Votre lassitude n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt la preuve d’une attente profonde et d’une exigence légitime. Vous êtes fatigués parce que vous aspirez à mieux, parce que vous croyez, au fond de vous, qu’une autre République est possible. Une République plus juste, plus transparente, plus attentive aux besoins de chacun.
Ne laissons pas cette fatigue se transformer en renoncement. Car si les « fatigués de la République » se taisent, qui portera encore la voix de ceux qui souffrent ? Qui défendra les principes qui fondent notre vivre-ensemble ? C’est dans le désengagement que le vide se crée, un vide que d’autres, moins scrupuleux, sont toujours prêts à occuper.
C’est le moment de transformer cette fatigue en une force motrice. Relevons la tête, non pas dans une vaine colère, mais dans une détermination renouvelée. Cherchons ensemble les chemins de la participation citoyenne, de l’exigence démocratique, de la solidarité agissante.
La République n’est pas une entité lointaine et abstraite ; elle est ce que nous en faisons, jour après jour.
Ne vous retirez pas. Ne laissez pas les déceptions du passé dicter l’avenir. Au contraire, utilisez cette énergie de la lassitude pour exiger plus, pour participer davantage, pour être les sentinelles vigilantes de notre démocratie, de notre pays. La République a besoin de votre vigilance, de votre intelligence, de votre inlassable recherche d’un monde meilleur.
Le chemin est long, semé d’embûches, mais l’espoir n’est jamais perdu tant qu’il y a des voix pour le porter.
Ne soyez plus seulement les jeunes fatigués, soyez les jeunes architectes d’une République démocratique du Congo renouvelée.
Avec toute considération,…
Mulopwe Mweheshimiwa MFUMUMPA kwa ngolo zonso


