Dans le cadre du TalkShow « À la Table de la Kinoise » tenu ce samedi 23 mai au Silikin Village, les échanges ont mis en lumière les enjeux majeurs liés à l’entrepreneuriat et à la transformation économique en République démocratique du Congo. Parmi les interventions les plus marquantes, celle de Emmanuel Médard, Directeur général de Bracongo, a apporté un éclairage pragmatique sur la nécessité de renforcer la formation et l’accompagnement des jeunes entrepreneurs.
Dès le début de son intervention, Emmanuel Médard a salué les efforts en cours pour améliorer l’environnement des affaires, tout en insistant sur la formation pratique des entrepreneurs.

« Quand on se lance, il faut comprendre le droit, la fiscalité, sinon on risque de faire face à de mauvaises surprises qui peuvent fragiliser l’entreprise », a-t-il averti, soulignant que de nombreuses difficultés entrepreneuriales proviennent d’un manque de préparation technique.
Pour le dirigeant de Bracongo, la question de la formation ne peut pas être uniquement théorique. Elle doit être directement connectée aux réalités du terrain.
« Former, ce n’est pas seulement transmettre des connaissances, c’est aussi donner aux jeunes la capacité d’agir, de prendre des décisions et de créer de la valeur », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur la nécessité d’un apprentissage concret, notamment à travers des immersions en entreprise et des programmes d’accompagnement adaptés aux secteurs d’activité.
Dans cette logique, Emmanuel Médard a illustré son propos en évoquant l’engagement de son entreprise à accompagner les jeunes porteurs de projets, notamment dans le secteur agroalimentaire.
« Nous allons les amener dans nos unités de production pour leur montrer les normes alimentaires, les standards ISO et les exigences de qualité », a-t-il expliqué, mettant en avant une approche de formation par l’expérience.
Il a également souligné que l’entrepreneur de demain devra combiner formation, discipline et volonté. Pour lui, les opportunités économiques au Congo sont immenses, notamment en raison du volume d’importations dans différents secteurs.
« Les opportunités dans tous les domaines sont absolument énormes », a-t-il affirmé, appelant les jeunes à se positionner sur ces marchés encore peu exploités localement.

Abordant la question du développement industriel, Emmanuel Médard a mis en avant l’importance de soutenir la production locale et de réduire la dépendance aux importations. Il a salué certaines mesures récentes visant à protéger l’industrie nationale, estimant qu’elles contribuent à structurer un écosystème plus favorable aux entreprises locales et aux investisseurs.
Pour lui, l’économie fonctionne comme un cercle vertueux où la production crée l’emploi, et l’emploi crée à son tour la consommation.
« Une entreprise qui se crée génère des emplois, et ces emplois deviennent des consommateurs pour d’autres entreprises », a-t-il rappelé, insistant sur la logique de développement industriel intégré.
Le DG du Bracongo a également insisté sur les qualités humaines nécessaires à la réussite entrepreneuriale. Selon lui, la discipline et la capacité à s’entourer sont essentielles.
« La plus grande qualité d’un manager, c’est de savoir s’entourer de personnes plus compétentes que lui dans leurs domaines », a-t-il affirmé, soulignant que la réussite repose sur la complémentarité des talents.
Il a enfin conclu son intervention en rappelant que la motivation et la rigueur sont des piliers incontournables pour bâtir des entreprises solides et performantes dans un environnement compétitif.
Emmanuel Médard a ainsi défendu la vision d’un entrepreneuriat congolais fondé sur la formation pratique, la discipline, l’innovation et l’intégration progressive dans les chaînes de valeur industrielles locales.
Lydia Mangala


