Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) renforce son dispositif de lutte contre les pandémies sur le continent, en pleine résurgence de la souche Bundibugyo du virus Ebola en République démocratique du Congo.
Dans une annonce faite ce mercredi 20 mai 2026 depuis Addis-Abeba, l’institution sanitaire africaine a officialisé la nomination de quatre conseillers spéciaux chargés d’accompagner sa stratégie de préparation, de prévention et de riposte aux crises sanitaires.
Jean-Jacques Muyembe au cœur du dispositif continental
Parmi ces nominations, celle du professeur Jean-Jacques Muyembe Tamfum apparaît comme la plus symbolique.
Co-découvreur du virus Ebola en 1976 et figure mondiale de la lutte contre les fièvres hémorragiques, le scientifique congolais devient conseiller spécial d’Africa CDC pour la préparation, la prévention et la riposte aux pandémies.
Actuel directeur général de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), laboratoire de référence en RDC, le professeur Muyembe joue déjà un rôle central dans la coordination scientifique de la riposte contre Ebola dans le pays.
Cette désignation intervient alors que la RDC fait face à une nouvelle flambée liée à la souche Bundibugyo, considérée comme l’une des variantes les plus complexes du virus.
Quatre profils pour structurer la riposte
Outre Jean-Jacques Muyembe, Africa CDC a également nommé trois autres experts pour renforcer différents volets stratégiques de son action.
Il s’agit notamment de Mukesh Chawla, désigné conseiller spécial sur le financement stratégique, du Dr Karim Bendhaou, chargé des partenariats et du secteur privé, ainsi que de Christian Lusakweno, nommé conseiller spécial en communication de crise.
À travers ces choix, Africa CDC affiche sa volonté de bâtir une réponse sanitaire durable, structurée autour de la science, du financement, des partenariats et de la communication stratégique.
Une réponse pensée au-delà de l’urgence
Cette réorganisation traduit une montée en puissance de l’institution africaine de santé publique, qui cherche désormais à inscrire sa stratégie dans le long terme, au-delà de la gestion immédiate des épidémies.
Alors que les autorités sanitaires congolaises poursuivent les opérations de surveillance et de prise en charge, le dernier bilan communiqué au 20 mai fait état de 543 cas probables, 136 décès probables et 32 cas confirmés en laboratoire.
Face à cette situation, Africa CDC mise sur l’expertise africaine et l’anticipation pour renforcer les capacités du continent à répondre aux futures crises sanitaires.
Joséphine Mawete


