La polémique autour des violences présumées commises par le médecin Dr David Balanganyi au CNPP/Kinkole continue de susciter de vives réactions. Parmi elles, celle de Niclette Ngoie se distingue par sa dimension personnelle et profondément humaine.
Interpellée à plusieurs reprises après la diffusion de la vidéo devenue virale, Niclette Ngoie confie avoir volontairement évité toute réaction à chaud, tant les images étaient extrêmement choquantes. Elle explique avoir dû prendre du recul avant de s’exprimer, le temps de dépasser l’émotion suscitée par la scène.
Dans sa déclaration, Niclette Ngoie évoque un souvenir personnel douloureux, affirmant avoir elle-même traversé une situation similaire. Elle décrit une douleur si intense qu’elle peut altérer la lucidité d’une patiente, la poussant à réagir de manière incontrôlée. Un témoignage qui apporte un éclairage important sur l’état de vulnérabilité extrême dans lequel peuvent se trouver certaines femmes lors de soins gynécologiques ou obstétricaux.
Malgré cette contextualisation, Niclette Ngoie reste catégorique sur le fait qu’aucune circonstance ne peut justifier la violence envers une patiente.
Elle insiste sur le rôle fondamental du personnel soignant, qui doit rassurer, accompagner et instaurer un climat de confiance, particulièrement dans des moments critiques. Elle déplore également l’absence d’anesthésie lors de l’intervention, qu’elle qualifie de très grave.
« En aucun cas elle ne doit être violentée. Encore moins frappée », martèle-t-elle, s’interrogeant sur la dérive d’un médecin pourtant soumis à une éthique stricte.
Au-delà de la violence physique, Niclette Ngoie condamne avec vigueur les conditions dans lesquelles la scène a été filmée et diffusée. Elle dénonce une atteinte flagrante à la dignité de la patiente, exposée nue dans un moment de vulnérabilité extrême, sous le regard d’une équipe médicale. Pour elle, ces pratiques sont inacceptables et traduisent un profond dysfonctionnement dans la prise en charge des patientes.
Enfin, Niclette Ngoie interpelle les autorités de la République démocratique du Congo sur la nécessité de repenser en profondeur la prise en charge de la maternité. Elle pointe notamment les limites du système actuel de gratuité des soins, qui, selon elle, peine à produire les effets escomptés et pourrait même, dans certains cas, aggraver les conditions de prise en charge.
Niclette Ngoie apporte une voix à la fois empathique et engagée dans un débat national de plus en plus pressant sur le respect des droits, de la dignité et de la sécurité des patientes dans le système de santé congolais.
Lydia Mangala


