L’espoir d’une circulation fluide au rond-point Kintambo Magasin a pris un sérieux coup ce dimanche soir. Quelques jours seulement après l’entrée en vigueur de la mesure interdisant l’accès des motocyclistes à cette zone névralgique, le constat est amer : les motos ont repris leurs droits et, avec elles, les embouteillages monstres qui paralysent à nouveau ce carrefour stratégique.
Le spectacle offert aux usagers est celui d’une anarchie totale. Le mélange confus de véhicules, de deux-roues et de piétons provoque une congestion massive, rendant la traversée du secteur aussi pénible qu’avant la mise en application de cette restriction. Cette situation met en évidence les limites d’une mesure qui, faute d’un suivi rigoureux sur le terrain, peine à convaincre les usagers de modifier leurs habitudes.

L’absence de patrouilles dissuasives et de contrôles stricts a favorisé la reprise spontanée du trafic des motards. Ce retour en force révèle une lacune majeure dans la gestion urbaine actuelle. Il devient évident que, sans alternatives concrètes pour les milliers de conducteurs de motos concernés, les interdictions administratives risquent de se heurter aux réalités du terrain.
Pour les riverains et les commerçants du quartier, cette congestion prolongée constitue un frein direct aux activités quotidiennes. De leur côté, les automobilistes expriment une lassitude grandissante face à des trajets interminables. Le débat est donc relancé. La solution ne réside probablement pas uniquement dans l’interdiction, mais dans une stratégie globale combinant amélioration des infrastructures, sensibilisation des usagers et régulation intelligente du transport urbain.
Kinshasa reste confrontée à une équation complexe. La croissance démographique galopante de la capitale impose des solutions de mobilité durables, capables d’intégrer le rôle essentiel joué par les motocyclistes tout en garantissant la sécurité et la fluidité de la circulation pour tous les citoyens.
Joëlle Luniongo


