Depuis la déclaration de l’épidémie de choléra le lundi 7 juillet 2025, la province de la Tshopo est confrontée à une urgence sanitaire majeure.
Avec près de 4 000 cas enregistrés et plus de 250 décès, les autorités sanitaires multiplient les actions pour enrayer la propagation du virus, notamment dans les zones de santé les plus touchées, à Kisangani et ses environs.
Une situation alarmante dans les zones urbaines et rurales
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 3 939 cas et 254 décès en à peine quelques jours, répartis sur quinze zones de santé.
À Kisangani, les quartiers de Makiso, Kabondo et Lubunga sont particulièrement affectés.
Le Docteur Bienvenue Ikomo, médecin chef de la division provinciale de la santé, a attribué cette flambée à des conditions d’hygiène extrêmement précaires.
Il a alerté sur des pratiques à haut risque, notamment la défécation à ciel ouvert dans le fleuve, favorisant la contamination de l’eau utilisée quotidiennement.
Vaccination d’urgence dans les foyers à risque
Pour limiter la propagation, une campagne de vaccination ciblée a été lancée dans les zones les plus exposées : Lubunga, Opala et Wanyarukura.
Ces localités, considérées comme des foyers actifs, bénéficient d’un déploiement accéléré de ressources logistiques, de personnel médical et de vaccins.
L’objectif est de protéger en priorité les populations les plus vulnérables et de casser les chaînes de transmission.
Cette campagne se distingue par sa souplesse.
« La vaccination se déroulera toute la semaine, avec une couverture mobile », a expliqué le docteur Ikomo.
Une personne ayant quitté une zone ciblée pourra encore se faire vacciner dans un autre site, garantissant ainsi l’inclusivité et l’efficacité de l’opération.
Prévention et assainissement : la bataille se joue aussi en amont
Au-delà de la réponse médicale, les autorités provinciales misent sur la prévention. Des actions sont en cours pour améliorer l’approvisionnement en eau potable et sensibiliser les communautés sur les gestes d’hygiène essentiels comme le lavage des mains, la consommation d’eau traitée, la gestion des déchets.
Plusieurs partenaires techniques et financiers appuient ces efforts, conscients que seule une approche intégrée pourra freiner durablement la progression de l’épidémie.
Dans cette course contre la montre, la province de la Tshopo s’engage sur tous les fronts, mobilisée autour d’un seul mot d’ordre : protéger les vies, restaurer la santé publique et empêcher que la maladie ne se propage au-delà de ses frontières actuelles.
Lydia Mangala


