Au lendemain de la clôture de la session ordinaire de mars, le chiffre de 318 morts imputé à une tuerie unique à Moba, dans la province du Tanganyika a provoqué une vive controverse.
Le lundi 16 juin 2025, une délégation de députés originaires de la province a exposé ses préoccupations à la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa, avant la pause parlementaire, tandis que l’Assemblée, l’armée et les autorités provinciales s’efforcent de rétablir la vérité sur ces victimes.
Une audience éclairante à la Primature
Reçus à Matete dès 9 heures, les députés du caucus du Tanganyika, emmenés par John Banza Lunda, ont insisté sur l’urgence de la question sécuritaire à Moba.
Ils ont expliqué que les 318 morts signalés par le président de l’Assemblée nationale ne relèvent pas d’un massacre commis en une seule nuit, mais représentent le cumul des atrocités enregistrées depuis près de quatre ans.
Le chef de la délégation a souligné que cet exercice de mémoire collective doit se traduire par des actions concrètes pour ramener une paix durable dans la province.
Données cumulées vs massacre unique
Alors que la formule choc de 318 civils massacrés en une nuit avait frappé les esprits et entraîné un communiqué de crise au Parlement, les rapporteurs ont reconnu leur méprise.
Philibert Kanika Sumbayi, rapporteur de l’Assemblée, a fait publier un erratum précisant que le chiffre initial était erroné : il ne s’agissait pas d’un événement ponctuel, mais d’un bilan global des violences armées menées par divers groupes, dont la milice Mutono, depuis 2021.
Démentis officiels et responsabilités partagées
Les FARDC, par la voix du général-major Sylvain Ekenge, ont fermement nié tout massacre de 318 personnes sur la seule période du samedi 14 au dimanche 15 juin 2025.
Le gouverneur Chris Kitungwa et l’administrateur du territoire de Moba avaient déjà démenti ces allégations, évoquant une réalité proche de dix victimes par incident armé.
Ces multiples corrections soulignent le besoin de coordination entre députés, autorités civiles et militaires, afin d’éviter que des chiffres inexacts ne détournent l’attention des véritables enjeux de sécurité et de développement dans le Tanganyika.
Lydia Mangala


