L’auditorium du Centre Culturel et Artistique des Pays de l’Afrique Centrale (CCAPAC) a vibré dans la soirée du samedi 1er Novembre 2025, sous les applaudissements et les émotions.
Après deux mois d’une aventure oratoire intense, la grande finale du concours interuniversitaire Éloquence 360 a tenu toutes ses promesses, consacrant Rachel Mulowayi, étudiante à l’Université Catholique du Congo (UCC), comme la nouvelle voix de l’éloquence congolaise.
Sous la modération dynamique de Daniel Tshizubu, la soirée a mis à l’honneur la parole, la créativité et l’engagement de la jeunesse congolaise.
Le jury d’exception, présidé par Henri-Désiré N’zouzi, et composé de Jean Goubald Kalala, Tony Ntambu et Emmanuella Zandi, a suivi attentivement chaque prestation, prêt à décerner les distinctions aux plus brillants talents.
Sous leur regard attentif et celui d’un public en liesse, douze finalistes se sont affrontés dans des duels d’idées, d’audace et d’émotion. Ce fut une soirée à la fois grandiose et humaine, où le mot est devenu arme, art et espérance.
Une cérémonie ouverte sous le signe de la passion et de la jeunesse
Dès l’ouverture, la coordonnatrice du programme, Sabrina Okodi, a donné le ton d’un événement pas comme les autres.
« Nous voici réunis pour célébrer bien plus qu’une compétition. Nous célébrons un dialogue. Celui qui unit celles et ceux qui osent prendre la parole et celles et ceux qui acceptent de leur prêter une oreille attentive », a déclaré Sabrina Okodi.
« Vous êtes les artisans de l’instant. Ceux par qui la pensée devient verbe, et le verbe, espoir partagé. À vous, le public : vous êtes les témoins nécessaires. Ce jour, nous célébrons l’éloquence des mains. Pas seulement les mains qui dessinent des idées dans l’air, mais celles qui, ensuite, construisent », a précisé Sabrina Okodi.
« Les gens oublieront ce que vous avez dit, ils oublieront ce que vous avez fait, mais ils n’oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir », a-t-elle conclu son allocution par une citation de Maya Angelou.
De 554 candidats enregistrés à 12 finalistes : un parcours exigeant
Rody Zola, initiateur du concours, a rappelé dans son mot de circonstance l’ampleur du travail accompli depuis le lancement de l’édition.
« Nous avons reçu 554 candidatures en ligne. Après une sélection rigoureuse, 90 jeunes ont accédé aux éliminatoires et ont intégré la phase d’incubation. Ces jeunes ont suivi des ateliers intensifs sur la prise de parole, la rhétorique et la gestion du stress », a expliqué Rody Zola.
Il a tenu à remercier les coachs et partenaires ayant accompagné cette phase, citant notamment Rigaud Gomba, Isaac Okani, Noamie Dangbele, François Kakese, Elo Whala et le pasteur Lord Lombo, pour leur engagement.
« Ces jeunes sont la preuve vivante que l’éloquence peut transformer la pensée en action », a souligné Rody Zola.
Remise des certificats et hommage poétique à Rody Zola
A cette occasion, 76 d’entre eux ont été sanctionnés par un certificat de participation des mains de la coordonnatrice et de l’initiateur du programme.
A la suite, un échantillon d’étudiants, conduit par Exaucé Paluku, a exprimé leur gratitude à l’égard de l’initiateur du concours, Rody Zola, à travers leur plus belle expression artistique : un poème intitulé « Rody Zola, l’homme de cœur et de rigueur ».
Ce moment a touché profondément l’auditoire, rappelant que Éloquence 360 est aussi un lieu où la reconnaissance et la solidarité se vivent au quotidien.
Témoignages et messages de soutien

Christian Elenga, représentant l’Institut De Angelo & Camille, a insisté sur les trois piliers du programme notamment Gouvernance, Leadership et Innovation :
« Offrir aux jeunes un programme de formation académique et pratique, les accompagner dans leurs travaux de recherche et les préparer à affronter les vrais défis de notre société, telle est notre mission », a-t-il déclaré.

Pour le compte de Rawbank, Olivier Sambayi a rappelé l’importance de la connaissance et de l’action :
« L’écriture et la parole sont des outils puissants. Quand on parle, on atteint la sagesse et l’intelligence. Ce concours est un tremplin pour transformer la pensée en action », a-t-il précisé.

Roberto Yokoto, ambassadeur du programme, a salué l’équipe organisatrice et le dévouement des jeunes :
« Vous avez démontré qu’avec peu de moyens mais une grande vision, on peut bâtir quelque chose de grand. Merci pour votre engagement, votre courage et vos graines d’excellence », a-t-il souligné.
La Première ministre adresse un message vidéo aux candidats
Judith Suminwa Tuluka, Première ministre de la RDC et marraine de l’édition 2025, a tenu à féliciter les candidats à travers une vidéo inspirante :
« Chers talents de la parole, je voudrais avant tout vous féliciter tous et toutes pour vos brillantes prestations à l’occasion de ce concours d’éloquence. À vous, finalistes, sachez que votre sélection pour cette dernière étape consacre déjà votre excellence », a déclaré lâ Cheffe du gouvernement.

« À travers ce concours, je voudrais que vous incarniez l’expression vivante des pensées les plus positives pour le rayonnement de notre cher pays, cœur de l’Afrique. À ceux qui se sont arrêtés en chemin, gardez votre enthousiasme. Sachez que votre pays a besoin de vos talents et de vos idées, sous toutes leurs facettes » a-t-elle précisé.

« À tous et à toutes, je dis que vous êtes déjà la plus belle victoire de cette aventure. Faites-nous rêver et que Dieu vous bénisse »
a conclu Judith Suminwa Tuluka.
Une finale sous haute tension : les mots comme armes et les idées comme flèches
L’heure des joutes oratoires a ensuite sonné.
La première phase des duels a opposé les douze candidats finalistes sur des thèmes puissants et parfois provocateurs :
– Délice Tshiamwanza (UNISIC) vs Mi Rossyl (UNISIC) : La vengeance : justice personnelle ou poison de l’âme ?

– Jenovic Ilunga (UNIKIN) vs Gad Muswamba (LAU) : En faut-il peu pour être heureux ?

– Pernilla Tshiam (UCC) vs Tracy Saïdi (UPC) : L’homme est-il corrompu de nature ou socialement corruptible ?

– Manassé Kanku (UNIKIN) vs Dominique Mobia (UNIKIN) : Aliéné par la foi ou les croyances ?

– Mi-Colette Matuba (UCC) et Rachel Mulowayi (UCC) : L’homme du 21eme siècle : un système humanisé ou une humanité défaillante

– Joyce Salumu (LAU) et Julien Ntumba (LAU)
Thématique : Le féminisme : un plaidoyer ou une protestation
Les membres du jury ont réagi à ces performances :
« Voir autant de jeunes venus assister et participer à cette activité est un vrai bonheur »
a déclaré Jean Goubald Kalala.
« Même si l’on perd le fil du texte, il faut savoir improviser et rester connecté au sujet », a souligné Tony Ntambu.
« Ce concours peut vous ouvrir de grandes portes. Ne le prenez pas à la légère », a précisé Emmanuella Zandi.
La deuxième phase : les six finalistes

Les six candidats qualifiés pour la grande finale étaient Joyce Salumu, Rachel Mulowayi, Julien Ntumba, Jenovic Ilunga, Tracy Saïdi, Gad Muswamba.
Leurs prestations individuelles ont été intenses et mémorables :

– Jenovic Ilunga (UNIKIN) a ouvert le bal avec une puissante réflexion biblique : « Si Judas n’avait pas vendu Jésus, qu’en serait-il de Pierre ? »

– Joyce Salumu (LAU) a ensuite fait vibrer la salle avec son texte sur l’amour, un mélange d’humour et de sensibilité.

– Tracy Saïdi (UPC) a captivé par son propos percutant : « Quand le “on” parle, qui réfléchit ? », interpellant sur la perte d’identité et la pensée collective.

– Gad Muswamba (UCC) a livré un discours poétique sur le sort qui unit le destin des nations, en invitant la jeunesse à repenser la solidarité africaine.

– Julien Ntumba (LAU) a touché le public en plein cœur avec son thème « J’ai eu honte de toi », une introspection poignante sur la société et la dignité.

– Rachel Mulowayi (UCC) a clôturé la série avec un discours magistral :
« Et si Dieu était Congolais ? »
Sa prestance, sa diction et sa capacité à mêler humour, spiritualité et patriotisme ont conquis le jury.

Après délibération, le classement final était le suivant :
– 1ère : Rachel Mulowayi (UCC)
– 2ème :Joyce Salumu (LAU)
– 3ème : Julien Ntumba (LAU)
– 4ème :Tracy Saïdi (UPC)
– 5ème : Jenovic Ilunga (UNIKIN)
– 6ème Gad Muswamba (UCC)
Remise des prix : célébration et reconnaissance
La remise des prix a été effectuée par Claude Mbuyi, Présidents du Conseil National de la jeunesse, Hélène Gakuru, DGA du FOGEC et Michel Bafiba, Coordonateur de l’Institut DeAngelo & Camille

Rachel Mulowayi, en plus du trophée, repart avec une bourse d’études de deux ans, un ordinateur portable, un accompagnement personnalisé de l’Institut De Angelo & Camille et un mois de soins capillaires gratuits offert par Belle Allure Cosmétique
Joyce Salumu et Julien Ntumba, deuxième et troisième, ont reçu, chacun, une bourse d’un an, ordinateur portable ainsi qu’un accompagnement de l’Institut DeAngelo & Camille
Tous les douze finalistes ont reçu un ordinateur portable et les trois premiers gagnants un abonnement d’un an à la bibliothèque de l’Institut Français de Kinshasa, offert par Emmanuella Zandi.

Jenovic Ilunga sacré meilleur participant et remise des médailles aux finalistes
En clôture de la grande finale, le concours a tenu à mettre à l’honneur l’excellence et l’engagement de tous les participants.

Jenovic Ilunga (UNIKIN) a été désigné meilleur participant de l’édition 2025, récompensant son parcours exceptionnel et sa réflexion profonde tout au long de la compétition.
Tous les participants de l’édition 2025 ont reçu une médaille commémorative, symbole de leur performance et de leur engagement dans cette aventure oratoire unique, soulignant l’importance de la reconnaissance de chaque talent présent sur scène.
Ce moment solennel a conclu la cérémonie sur une note de célébration, d’émotion et de fraternité, rappelant que Éloquence 360 n’est pas seulement un concours, mais une école de vie et de leadership pour la jeunesse congolaise.
Cette finale restera gravée dans les mémoires de par la grande célébration de la parole, du courage et de la pensée critique.

Au cœur de cette célébration, Rachel Mulowayi s’est levée comme la voix d’une jeunesse qui inspire, émeut et appelle à l’action.

« À Éloquence 360, soit on gagne, soit on apprend », a conclu le modérateur Daniel Tshizubu.
Lydia Mangala


