Dix-neuf ans. Il aura fallu attendre près de deux décennies pour voir l’Atlético Madrid dicter à nouveau sa loi sur les terres catalanes. Ce mercredi 8 avril au soir, en quart de finale aller de la Ligue des champions, les hommes de Diego Simeone n’ont pas seulement pris une option sur la qualification : ils ont surtout exorcisé leurs vieux démons en s’imposant 2-0 face au FC Barcelone, réduit à dix.
Le premier acte de cette rencontre a longtemps ressemblé à une partie d’échecs tactique, jusqu’à la 45e minute. Juste avant la pause, l’Atlético obtient un coup franc idéalement placé, dans une action ayant conduit à l’expulsion de Pau Cubarsí. Dans un silence de cathédrale, le ballon s’envole, contourne le mur avec une trajectoire limpide et termine sa course dans la lucarne. Ce but magistral glace le stade et offre aux Madrilènes un avantage psychologique décisif. Double peine pour le Barça.
En seconde période, les Catalans tentent de réagir, mais se heurtent au bloc compact et discipliné érigé par le “Cholo”. Réduits à dix dès la première période, ils laissent progressivement des espaces que les Madrilènes exploitent avec réalisme.
À la 70e minute, l’efficacité de l’Atlético frappe une seconde fois. Parfaitement servi, Alexander Sørloth fait preuve d’un sang-froid clinique pour doubler la mise et sceller le sort de la rencontre. À 0-2, la messe est dite. Les Colchoneros, maîtres du rythme et de la gestion du temps, ne laissent plus aucune ouverture.
Au-delà de l’avantage comptable en vue du match retour, ce succès revêt une portée symbolique majeure. Depuis son arrivée sur le banc en 2011, Diego Simeone n’avait jamais réussi à s’imposer sur cette pelouse. C’est désormais chose faite.
Le FC Barcelone devra désormais réaliser un exploit monumental au match retour pour espérer renverser une situation compromise. Mais face à cet Atlético discipliné et désormais victorieux en Catalogne, la montagne semble particulièrement difficile à gravir.
Josaphat Mayi


