Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, organise le mercredi 24 septembre 2025 une conférence de presse à Kinshasa, à la résidence Saint Pierre Claver.
Cet événement, prévu de 12h30 à 13h30, sera consacré à la présentation des résultats du quatrième hackathon législatif, un rendez-vous citoyen et politique qui suscite un intérêt croissant depuis son lancement.
Cette édition s’articule autour d’un sujet particulièrement sensible : l’interruption volontaire de la grossesse (IVG) en RDC, question qui confronte l’interdiction nationale inscrite dans le Code pénal, dans les articles 165 et 166, aux engagements régionaux du pays, notamment à travers le Protocole de Maputo.
Talatala, une initiative citoyenne devenue référence
Ce hackathon s’inscrit dans le cadre du projet Talatala+ (« miroir » en lingala), prolongement du projet Talatala lancé en 2021 par Ebuteli et le Groupe d’étude sur le Congo (GEC).
Talatala est aujourd’hui une plateforme incontournable pour le suivi des activités parlementaires et du contrôle de l’action gouvernementale en RDC.
Avec l’appui du National Endowment for Democracy, Talatala+ vise à renforcer la participation citoyenne dans le processus législatif.
Les hackathons législatifs offrent ainsi un espace de dialogue entre citoyens, société civile et députés, permettant de transformer des préoccupations concrètes en initiatives parlementaires audacieuses.
Une méthodologie innovante et participative
Le principe du hackathon législatif est simple mais puissant :
– réunir des citoyens et acteurs de la société civile autour d’une thématique précise ;
– définir collectivement des initiatives législatives réalistes et adaptées au contexte juridique et socioculturel congolais ;
– identifier des champions parlementaires, c’est-à-dire des députés prêts à porter ces propositions devant l’Assemblée nationale.
Au terme des discussions, les solutions envisagées peuvent prendre plusieurs formes entre autres résolutions, propositions de loi, questions parlementaires, interpellations, ou encore auditions en commission.
L’IVG au centre des débats
Le choix de l’interruption volontaire de la grossesse comme thématique illustre la volonté d’aborder des enjeux complexes et sensibles.
En RDC, la législation en vigueur continue de criminaliser l’avortement, tandis que les normes sociales et culturelles y restent largement opposées.
En revanche, sur le plan international et régional, le pays a pris des engagements à travers le Protocole de Maputo, qui reconnaît le droit des femmes à l’IVG dans certaines conditions.
Ce décalage entre la loi nationale et les engagements internationaux crée un espace de débat que ce hackathon législatif entend éclairer, en privilégiant une réflexion prudente et ancrée dans les réalités locales, comme l’explique Ebuteli.
Une étape vers des réformes législatives responsables
La conférence de presse permettra de présenter les champions législatifs identifiés, c’est-à-dire les députés qui se sont engagés à défendre les initiatives issues de ce processus.
Ce sera également l’occasion de mettre en lumière les propositions concrètes retenues, fruit d’un dialogue inédit entre société civile et responsables politiques.
Pour Fred Bauma, Directeur exécutif d’Ebuteli, ces hackathons représentent un pas décisif vers une renaissance de la participation politique en RDC :
« Ils permettent de rapprocher les citoyens de leurs institutions et d’ancrer le débat législatif dans les réalités quotidiennes du peuple », déclaré-t-il.
Au-delà de la seule question de l’IVG, le quatrième hackathon législatif illustre la nécessité de créer des espaces démocratiques où la voix des citoyens peut influencer directement le travail parlementaire.
Ce processus participatif ambitionne de bâtir une gouvernance plus transparente, inclusive et responsable, capable de répondre aux défis de la société congolaise.
Lydia Mangala


