Le débat sur la révision de la Constitution en République démocratique du Congo franchit un nouveau cap dans la confrontation politique. Jean‑Marc Kabund‑a‑Kabund, figure de l’opposition et ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, a lancé une attaque virulente contre le président Félix Tshisekedi, l’accusant de « haute trahison » pour ses prises de position en faveur d’une réforme de la Loi fondamentale.
Lors d’un échange remarqué sur le réseau social X avec le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Jean-Marc Kabund a dénoncé des déclarations présidentielles qu’il considère comme une rupture avec le serment constitutionnel. Pour l’opposant, le fait que le chef de l’État qualifie la Constitution actuelle de texte « imposé » ou « hérité des belligérants » constitue un manquement grave à ses obligations de garant de la nation.
Selon lui, le président Tshisekedi se placerait désormais dans une posture de « rébellion contre la Constitution ». Une accusation particulièrement lourde sur les plans juridique et politique. Jean-Marc Kabund estime en effet que de tels actes seraient imprescriptibles et pourraient, à ses yeux, faire l’objet de poursuites judiciaires, y compris après la fin du mandat présidentiel.
Pour l’opposant, les critiques formulées par le chef de l’État ne relèvent pas d’un simple débat politique, mais traduisent une remise en cause directe de la légitimité de l’ordre constitutionnel en vigueur. Il considère que ces propos fragilisent les fondements mêmes de l’État de droit que le président a juré de défendre.
Afin d’étayer ses accusations, l’ancien cadre de la majorité présidentielle a annoncé son intention de publier, dans les prochains jours, une argumentation détaillée recensant ce qu’il qualifie de « violations répétées » de la Constitution par le pouvoir en place.
Cette sortie médiatique marque un durcissement notable du ton de l’opposition face aux ambitions de réforme constitutionnelle portées par l’exécutif. Elle laisse présager des débats politiques particulièrement intenses dans les semaines à venir autour de l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.
Joëlle Luniongo


