Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a lancé un appel à la responsabilité des médias congolais, mercredi à Kinshasa, lors de sa conférence de presse consacrée notamment à la situation sécuritaire, sociale et politique.
Présentant la communication médiatique comme un enjeu de sécurité nationale, le chef de l’État a exhorté les professionnels des médias à privilégier une information fiable, rigoureuse et respectueuse de la dignité humaine.
« Informer, ce n’est pas attiser. Critiquer, ce n’est pas détruire. Enquêter, ce n’est pas servir des agendas de déstabilisation », a déclaré Félix Tshisekedi devant la presse.
Le Président congolais a insisté sur la nécessité de concilier liberté de la presse, éthique professionnelle et responsabilité nationale dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est de la RDC.
« Être libre, ce n’est pas être affranchi de l’éthique, de la rigueur, de la vérification des faits, du respect de la dignité humaine et de l’intérêt supérieur de la Nation », a-t-il poursuivi.
Tout en affirmant ne pas remettre en cause l’indépendance des journalistes, le chef de l’État a appelé ces derniers à mesurer la portée de leur travail dans un pays confronté à de multiples défis sécuritaires.
« Je ne demande à aucun journaliste de renoncer à son indépendance. Je vous demande d’exercer cette indépendance avec la pleine conscience de ce que représente la République démocratique du Congo : une Nation engagée dans un combat pour sa survie, pour son intégrité, pour sa dignité », a-t-il déclaré.
Au cours de cette même intervention, Félix Tshisekedi a également rejeté les thèses présentant le conflit dans l’Est du pays comme une simple crise interne entre Congolais.
Selon lui, la guerre qui frappe la RDC ne peut être réduite à une crise politique ou sociale congolo-congolaise, réaffirmant la position des autorités congolaises sur l’existence d’agressions et de soutiens extérieurs aux groupes armés actifs dans l’Est du territoire national.
Cette sortie médiatique du chef de l’État intervient dans un contexte de forte sensibilité autour du traitement de l’information liée au conflit sécuritaire, alors que les autorités multiplient les appels à l’unité nationale et à la mobilisation contre les menaces pesant sur l’intégrité territoriale du pays.
Joséphine Mawete


