Chaque 25 septembre, le monde entier rend hommage aux pharmaciens, ces acteurs clés de la chaîne de soins qui jouent un rôle vital dans la santé publique.
À Kinshasa, cette édition de la Journée mondiale du pharmacien a été marquée par une conférence de haut niveau, organisée par le Conseil provincial de l’Ordre des Pharmaciens (CPOP) au chapiteau de l’Université de Kinshasa.
L’événement a réuni des experts du secteur pharmaceutique, des représentants institutionnels et des partenaires de la santé pour réfléchir à l’avenir de la profession dans le contexte de la Couverture Santé Universelle (CSU).
Le pharmacien, un acteur stratégique de la Couverture Santé Universelle
La première partie des échanges a mis en lumière le rôle crucial des pharmaciens dans la mise en œuvre de la CSU en République démocratique du Congo.
Polydor Mbongani Kabila, coordonnateur national de la CSU, a rappelé que le succès de cette politique repose sur une gouvernance rigoureuse et une coordination fluide entre tous les acteurs de la chaîne de soins.
Dans la même dynamique, Anatole Mangala, directeur général du Fonds de Solidarité de la Santé, a expliqué que l’introduction du tiers payant en assurance maladie représente une avancée majeure pour améliorer l’accessibilité des soins.

De son côté, Marius Mika, directeur général du Fonds de Promotion de la Santé, a insisté sur la nécessité de mécanismes financiers innovants pour mobiliser les ressources indispensables à la pérennité du système.
Enfin, Hugues Fariala, directeur général de l’ARC-CSU, a souligné que la régulation des prestations de santé demeure un pilier essentiel afin de garantir équité, transparence et qualité.
Les défis pharmaceutiques dans un système de santé en mutation

La deuxième partie de la rencontre s’est centrée sur les enjeux spécifiquement liés au secteur pharmaceutique.
Glorry Panzu, président du Conseil national de l’Ordre des Pharmaciens, a plaidé pour un renforcement des capacités de production locale afin de réduire la dépendance vis-à-vis des importations et de rendre les médicaments plus accessibles aux populations.
Les représentants de l’Agence Congolaise de Réglementation Pharmaceutique (ACOREP) ont, quant à eux, mis en garde contre la prolifération des médicaments falsifiés, un fléau qui menace la santé publique et érode la confiance dans le système de soins. Ils ont rappelé que les réformes entreprises visent à assainir le marché et à renforcer les contrôles de qualité.

Enfin, Gauthier Mesia, doyen de la Faculté des Sciences Pharmaceutiques de l’Université de Kinshasa, a attiré l’attention sur la nécessité d’adapter la formation des pharmaciens aux réalités sanitaires nationales. Selon lui, la profession ne peut relever les défis actuels que si elle forme des praticiens capables de conjuguer expertise scientifique et sens de l’innovation.
Une profession en pleine mutation

En conclusion, cette journée a été l’occasion de rappeler que le pharmacien ne se limite pas à la simple délivrance des médicaments.
Son rôle s’étend à l’éducation thérapeutique, à la prévention, à la régulation du système de santé et au développement de solutions innovantes pour répondre aux besoins des populations.
L’événement de Kinshasa a ainsi permis de tracer les contours d’une pharmacie moderne, dynamique et entrepreneuriale, pleinement engagée dans les ambitions de la Couverture Santé Universelle en RDC.

Au-delà des célébrations, cette rencontre a surtout été un signal que la la profession pharmaceutique congolaise entend se positionner comme un acteur incontournable dans la transformation du système de santé du pays.
Lydia Mangala


