Les 9 et 10 juin, la Friedrich-Ebert-Stiftung et le centre de recherche Ebuteli ont organisé une table ronde réunissant une vingtaine d’acteurs issus de la société civile, des institutions publiques et du monde académique.
Cette rencontre s’est tenue autour d’une réflexion approfondie sur la justice transitionnelle en République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par les défis liés à la construction d’une paix durable et aux débats sur la « paix transactionnelle ».
Les échanges ont mis en lumière les tensions persistantes entre deux approches souvent perçues comme complémentaires mais parfois contradictoires : la recherche d’une paix rapide à travers des compromis politiques, et l’exigence de justice à travers des mécanismes de redevabilité et de lutte contre l’impunité.
Les participants ont souligné que ces dynamiques soulèvent des questions cruciales dans un pays confronté à des décennies de conflits armés et de violations des droits humains.
Un accent particulier a été mis sur la problématique de l’impunité, considérée comme un obstacle majeur à la consolidation de l’État de droit. Les intervenants ont estimé que la justice transitionnelle doit permettre non seulement de reconnaître les victimes, mais aussi de garantir que les auteurs de violations répondent de leurs actes.
Les discussions ont également intégré les enjeux liés à l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité », en soulignant l’impact disproportionné des conflits sur les femmes et les filles en RDC.
Les participants ont appelé à une meilleure prise en compte du genre dans les mécanismes de justice transitionnelle, afin de garantir une inclusion réelle des femmes dans les processus de paix et de réparation.
La table ronde a permis d’identifier plusieurs pistes concrètes visant à renforcer les dispositifs existants de justice transitionnelle en RDC. Parmi celles-ci figurent l’amélioration de la coordination institutionnelle, le renforcement des capacités des acteurs concernés et la nécessité de passer d’une justice déclarative à une justice effective.
Les participants ont insisté sur l’importance de transformer les engagements politiques en actions concrètes, capables de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.
Cette rencontre a permis de réaffirmer que la justice transitionnelle demeure un enjeu central pour la stabilisation durable de la RDC. Elle ne peut être pleinement efficace que si elle s’inscrit dans une approche inclusive, prenant en compte les victimes, les communautés et les réalités institutionnelles du pays.
Les organisateurs ont exprimé leur volonté de poursuivre ces échanges afin de contribuer à l’émergence de solutions concrètes et adaptées au contexte congolais.
Lydia Mangala


