Au lendemain du point de presse du Président de la République, Isaac Mukendi a fait une lecture politique et institutionnelle de l’exercice médiatique du Chef de l’État, estimant que cette sortie publique met en évidence la place centrale qu’occupe désormais le Président dans la conduite directe de l’action gouvernementale en République démocratique du Congo.
Dans une réaction publiée après cette rencontre entre le Chef de l’État et la presse, le bourgmestre adjoint de Limete considère que le marathon de presse du Président a révélé une réalité politique devenue difficile à ignorer : celle d’une implication directe du Président de la République dans la quasi-totalité des grandes décisions exécutives engagées au service de la Nation.
Selon lui, les différentes questions abordées par les journalistes ont mis en lumière le rôle central joué par le Président dans les dossiers majeurs de gouvernance, au point d’apparaître comme le principal acteur et le fil conducteur de l’action publique.

« Le marathon de presse auquel s’est livré le Président de la République a laissé transparaître une réalité sociologique et institutionnelle qui ne se cache plus : son action exécutive directe », a déclaré Isaac Mukendi.
L’autorité municipale estime que le débat autour de la réforme constitutionnelle devrait désormais dépasser les clivages politiques classiques pour ouvrir une réflexion de fond sur l’adaptation du modèle institutionnel congolais aux réalités pratiques du pouvoir.
Pour Isaac Mukendi, les mécanismes actuels de fonctionnement de l’État ne reflètent plus totalement la perception collective du pouvoir exécutif dans le pays. Il soutient que, dans l’opinion publique, le Président de la République apparaît aujourd’hui comme le principal dépositaire de l’action gouvernementale ainsi que le premier responsable des politiques publiques devant la Nation.
« Il nous appartient d’avoir le courage politique et intellectuel d’ouvrir une réflexion de fond sur l’opportunité de consacrer un régime politique qui corresponde davantage à nos réalités institutionnelles, historiques, sociologiques et même pratiques », a-t-il affirmé.
Dans son intervention, Isaac Mukendi plaide ainsi pour un modèle institutionnel qu’il qualifie d’« assumé, cohérent et conforme aux exigences de responsabilité, d’efficacité et de clarté dans la conduite des affaires publiques ». Une manière, selon lui, de faire coïncider l’architecture juridique de l’État avec la réalité du fonctionnement politique observé sur le terrain.
Sans appeler explicitement à un changement précis de régime, sa prise de position relance néanmoins le débat autour de l’équilibre des pouvoirs et de l’évolution des institutions en République démocratique du Congo, dans un contexte où les discussions sur une éventuelle réforme constitutionnelle continuent d’alimenter la scène politique nationale.
Isaac Mukendi s’est également attardé sur la problématique de la décentralisation, un sujet abordé par le Chef de l’État au cours de son échange avec la presse. Il dit avoir été particulièrement marqué par le regard critique porté par le Président sur le fonctionnement actuel de ce système en RDC.
Selon lui, la décentralisation congolaise peine encore à produire les résultats attendus sur le terrain et demeure largement théorique dans son application concrète.
« Répondant aux questions liées à la gouvernance, j’ai été particulièrement fasciné par le regard critique porté par le Président de la République sur l’état actuel de notre décentralisation », a-t-il expliqué.
Dans son analyse, le bourgmestre adjoint estime que le découpage territorial mis en place au fil des années n’a pas toujours répondu aux impératifs du développement local. Il considère que certaines réformes ont davantage servi des logiques politiques et électorales qu’une véritable dynamique de gouvernance de proximité.
« Notre décentralisation demeure, à bien des égards, plus apparente que réelle », a-t-il soutenu.
Isaac Mukendi pointe notamment les difficultés auxquelles font face les entités territoriales décentralisées, en particulier les communes, confrontées selon lui à un manque chronique de ressources financières, à une faible assiette fiscale et à l’irrégularité des mécanismes de rétrocession.

Pour lui, ces contraintes empêchent les autorités locales de jouer pleinement leur rôle dans le développement des communautés de base.
« Comment espérer un développement local effectif lorsque les entités telles que les communes ne disposent pas de moyens financiers conséquents, que leur assiette fiscale demeure extrêmement réduite, que la rétrocession est quasi inexistante et que les animateurs de ces entités ne bénéficient même pas d’une prise en charge digne et régulière ? », s’est-il interrogé.
Isaac Mukendi appelle ainsi à une réflexion nationale sur les limites du modèle actuel de gouvernance territoriale. Il plaide pour une réforme capable de transformer la décentralisation en véritable outil de proximité, d’efficacité administrative et de développement local.
« Il est donc temps d’avoir un débat courageux, lucide et responsable sur les limites de notre modèle actuel, afin de faire de la décentralisation non plus un principe théorique, mais un véritable levier de gouvernance, de proximité et de développement », a-t-il conclu.
Par cette sortie, le bourgmestre adjoint de Limete relance ainsi le débat sur l’efficacité des institutions congolaises et sur la nécessité d’adapter l’organisation de l’État aux réalités politiques, administratives et sociales du pays.
Lydia Mangala


