La République démocratique du Congo a adressé, ce vendredi 12 décembre 2025, un message de fermeté et de clarté au Corps diplomatique accrédité à Kinshasa : « La RDC ne capitulera jamais. Elle défendra sa souveraineté et ne négociera jamais sous la menace des armes. »
Cette déclaration solennelle a été portée par le Ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, lors d’une rencontre de haute importance diplomatique tenue à l’Hôtel du Gouvernement.
La réunion s’est déroulée en présence du Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et de la Vice-ministre des Affaires étrangères, Noëlla Ayeganagato, représentant la Ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, empêchée.
Une mise au point ferme face aux violations de l’Accord de Washington
Le Gouvernement congolais a dénoncé devant les diplomates la violation flagrante de l’Accord de Washington, consécutive aux attaques du groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda, dans la plaine de la Ruzizi et à l’occupation de la ville stratégique d’Uvira, désormais sous contrôle rebelle depuis 48 heures.
« Notre souveraineté n’est pas négociable. Elle ne le sera jamais sous la menace des armes », a martelé Guillaume Ngefa, rappelant la position constante du Président de la République et du Gouvernement.
Le Ministre d’État a interpellé les chefs de missions diplomatiques sur leur responsabilité collective, les exhortant à intervenir pour contraindre le régime de Kigali à mettre fin aux hostilités, et à s’engager dans une action diplomatique forte.
La communauté internationale appelée à passer du constat à l’action
Le Gouvernement a formulé trois exigences majeures à la communauté internationale entre autres :
– Condamner clairement l’agression contre la RDC ;
– Exiger le retrait immédiat des troupes rwandaises et des combattants du M23 du territoire congolais ;
– Imposer la cessation totale des hostilités afin de restaurer la paix dans la région.
Guillaume Ngefa a rappelé que le Congo a toujours montré sa bonne foi dans les processus de paix.
« La main que nous avons tendue pour la paix a été mordue. Mais la République ne pliera pas. Chaque centimètre carré de notre territoire sera défendu », a-t-il déclaré.
« Permettrez-vous qu’un État membre des Nations Unies soit démantelé par la force ? », a-t-il directement questionné la communauté internationale.
Des manifestations annoncées : le Gouvernement rassure les diplomates
Dans un contexte de forte tension, marqué par des manifestations annoncées par l’opposition (dialogue national inclusif) et des mobilisations prévues du côté du pouvoir (dénonciation de l’agression rwandaise), le Ministre d’État a tenu à rassurer le Corps diplomatique quant à la sécurité de leurs ambassades et installations.
« Toutes les dispositions sont prises pour sécuriser les représentations diplomatiques, les organisations internationales et leurs personnels », a déclaré Ngefa, rappelant les incidents de janvier 2025 qui avaient touché certaines chancelleries.

Il a assuré que le traité de Vienne sera scrupuleusement respecté, et que les itinéraires des manifestations seront encadrés afin d’éviter tout débordement.
Une situation sécuritaire critique dans l’Est du pays
L’occupation d’Uvira par l’AFC/M23, après celles de Bukavu et de Goma, représente une menace majeure pour l’intégrité territoriale et la stabilité économique du pays.
Uvira est considérée comme un verrou stratégique pouvant ouvrir la voie vers le Grand Katanga, poumon économique national.
La dégradation de la situation sécuritaire intervient paradoxalement juste après la signature des Accords de Washington, censés instaurer un cessez-le-feu durable.
Leur violation par le Rwanda constitue, selon plusieurs observateurs régionaux, une véritable gifle diplomatique aux médiateurs internationaux.
Paix oui, capitulation jamais
Malgré l’escalade des violences, le Gouvernement congolais a réaffirmé sa volonté de résoudre pacifiquement la crise, son attachement aux mécanismes régionaux et internationaux, mais aussi sa détermination à défendre son territoire et son peuple.
« Le droit doit prévaloir. La paix doit triompher. Mais la RDC ne négociera jamais sous la menace des armes. » a conclu Guillaume Ngefa, invitant les diplomates à transmettre cet appel à la responsabilité à leurs capitales.
Lydia Mangala


