La cérémonie officielle de remise et reprise s’est déroulée le mardi 12 août 2025 au Centre financier de Kinshasa, marquant l’installation d’Adolphe Muzito comme nouveau Vice-Premier ministre et ministre du Budget de la République démocratique du Congo.
Il succède à Aimé Boji Sangara, récemment nommé ministre de l’industrie et développement des PME et PMI, a occupé ce poste pendant quatre années marquées par une progression budgétaire sans précédent.
Un retour au ministère après 17 ans, avec une ambition renouvelée
Ancien inspecteur des finances, ministre du Budget et Premier ministre de la RDC, Adolphe Muzito retrouve ce portefeuille clé avec un objectif ambitieux de doubler le budget national. Lors de la cérémonie, il a rendu hommage à son prédécesseur, félicitant Aimé Boji pour un travail remarquable.
« Le budget national a été triplé en un temps record », a-t-il souligné, rappelant que ce niveau de croissance s’était fait sur l’ensemble de son précédent mandat, tandis que son successeur l’a dépassé en moins de cinq ans.
En effet, le budget national est passé de 8,3 milliards USD en 2021 à près de 17,7 milliards USD en 2025, avec une prévision de 20 milliards USD pour 2026.
Cette progression est également le fruit d’une mobilisation sans précédent des ressources extérieures auprès d’institutions telles que le FMI et la Banque mondiale, un apport jamais atteint auparavant, selon Muzito.
Poursuivre les réformes et relever les défis économiques
Conscient des défis à relever, Adolphe Muzito a insisté sur la nécessité de continuer les réformes engagées, notamment en matière de discipline budgétaire, mobilisation des recettes, rationalisation des dépenses et financement des infrastructures structurantes.
Il a notamment mis en avant la relance des grands chantiers routiers, en particulier la Route Nationale n°1, ainsi que le développement du réseau ferroviaire, qualifié de colonne vertébrale de la République.
« Le plus grand défi qui nous attend est de réaliser les promesses du Président de la République, notamment au peuple de l’Est, en démarrant la relance des routes », a-t-il déclaré.
Selon lui, le travail a déjà commencé, avec des financements disponibles, mais l’ambition présidentielle va plus loin en intégrant le développement des chemins de fer.
Un gouvernement d’ouverture pour renforcer l’action collective

Adolphe Muzito a également réagi à la nature inclusive du gouvernement Suminwa II, insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un échec mais d’une volonté de réactiver l’action gouvernementale en élargissant le dialogue politique.
« Cela représente un grand défi », a-t-il commenté, avant d’appeler à l’unité nationale autour du chef de l’État.
Il a enfin lancé un appel à la responsabilité collective afin de bâtir un avenir économique prospère pour la RDC, promettant une collaboration étroite, notamment avec son prédécesseur.
« Vous avez si bien fait que pour nous, le défi devient encore plus grand », a-t-il reconnu à Aimé Boji, soulignant qu’il souhaitait bénéficier de son expérience.
Un héritage solide pour un avenir prometteur
Au cours de son mandat de quatre ans, Aimé Boji a modernisé la gouvernance budgétaire, renforcé la transparence et porté le budget national à un niveau historique.
Cet héritage constitue pour Adolphe Muzito une source d’inspiration, mais aussi une lourde responsabilité envers la nation.
Le ministère du Budget entre ainsi dans une nouvelle phase, placée sous le signe de l’ambition, de la continuité et de la relance économique, au service du développement durable de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


