Pour son entrée en lice au Mondial 2026, la Roja a été tenue en échec par des Requins Bleus héroïques (0-0), ce lundi soir au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta. Malgré une domination écrasante, les champions d’Europe en titre ont buté sur un gardien adverse en état de grâce.
Excès de confiance ou syndrome du premier match ? Sans doute un peu des deux. Annoncée parmi les grandes favorites à la victoire finale, l’Espagne a manqué son entrée en compétition. Face à elle, le Cap-Vert, qui dispute la toute première Coupe du monde de son histoire, a réalisé un exploit retentissant en arrachant un nul précieux (0-0) au terme d’une rencontre intense.
Pour ce premier rendez-vous du groupe H, le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente avait aligné son traditionnel 4-3-3. Privé de Lamine Yamal au coup d’envoi, laissé sur le banc, il faisait confiance à un trio offensif composé de Ferran Torres, Mikel Oyarzabal et Gavi. En face, le sélectionneur cap-verdien avait opté pour un bloc compact en 4-2-3-1, avec Livramento seul en pointe pour mener les contre-attaques.
Vozinha écœure la Roja
Dès les premières minutes, le scénario attendu s’est installé. L’Espagne a monopolisé le ballon, imposant son jeu de possession et multipliant les offensives. Le Cap-Vert a souffert, plié sous les vagues espagnoles, mais n’a jamais rompu.
Maîtresse du tempo, la Roja a toutefois dû attendre le quart d’heure de jeu pour cadrer sa première tentative, signée Pedri (15e). Constatant la solidité de l’axe défensif adverse, les Espagnols ont alors insisté sur les côtés. Très actifs, Marc Cucurella et Marcos Llorente ont multiplié les centres et les débordements, sans parvenir à trouver la faille.
Loin d’être intimidés, les Requins Bleus ont également montré de belles séquences de jeu et quelques sorties de balle intéressantes, sans toutefois inquiéter sérieusement le gardien espagnol.
Au fil des minutes, l’Espagne s’est progressivement frustrée face à l’organisation défensive cap-verdienne. Le tournant de la première période est intervenu à la 36e minute lorsque Pedri a déclenché une reprise puissante. Mais Vozinha, impérial, a réalisé une claquette exceptionnelle pour détourner le ballon au-dessus de sa barre.
Trois minutes plus tard, Ferran Torres a vu sa reprise heurter la transversale avant que Mikel Oyarzabal ne bute à son tour sur l’infatigable portier cap-verdien (39e). Dans une forme étincelante, Vozinha a ensuite repoussé plusieurs tentatives dangereuses de Torres (45e) et d’Aymeric Laporte (45+3e).
Au retour des vestiaires, les Espagnols ont repris leur siège de la surface adverse. Oyarzabal a manqué de peu l’ouverture du score dès la 47e minute, tandis que Fabian Ruiz a tenté sa chance à plusieurs reprises, sans succès (47e, 51e, 57e).
Voyant son équipe s’enliser, Luis de la Fuente a lancé Lamine Yamal pour le dernier tiers de la rencontre. L’entrée du jeune prodige a apporté davantage de vitesse et de créativité, mais le verrou cap-verdien est resté intact.

Au coup de sifflet final, les statistiques illustrent parfaitement la physionomie de la rencontre : 22 tirs pour l’Espagne contre seulement 3 pour le Cap-Vert. Mais au tableau d’affichage, le score est resté vierge.
Pour le Cap-Vert, ce point historique a été célébré comme une véritable victoire. Pour l’Espagne, en revanche, ce match nul sonne comme un sérieux avertissement. La Roja devra rapidement retrouver son efficacité offensive si elle veut s’imposer dans ce groupe H, en attendant le résultat de l’autre rencontre entre l’Uruguay et l’Arabie saoudite.
Josaphat Mayi


