Le roi Mohammed VI a brisé le silence ce jeudi après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) disputée à Rabat. Malgré un sacre sénégalais (1-0 après prolongation) assombri par des scènes de chaos, le souverain marocain a choisi de placer l’unité continentale au-dessus des querelles sportives, qualifiant l’organisation globale du tournoi de « réussite africaine ».
Des incidents «fâcheux» au cœur du stade…
Le dimanche 18 janvier 2026, le Stade Prince Moulay Abdellah a été le théâtre d’événements surréalistes. Le point de bascule survient lorsque l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala siffle un penalty pour le Maroc alors que le score est de 0-0. Contestant cette décision, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse, faisant craindre un forfait définitif avant de reprendre le jeu après de longues négociations. Cet incident est désormais dans le viseur de la commission disciplinaire de la FIFA.
Pourtant, dans les tribunes, une tentative d’envahissement de terrain par des supporters sénégalais a duré près de 15 minutes. Des projectiles, dont une chaise, ont été lancés vers l’aire de jeu, forçant une intervention musclée des forces de l’ordre.
Face à ces « très déplorables agissements », le monarque a diffusé un message de pondération via un communiqué du cabinet royal (MAP). Pour Mohammed VI, si les faits sont regrettables, ils ne doivent pas occulter les liens historiques entre les nations.
« Rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains, ni la coopération fructueuse construite avec les différents pays du continent», a-t-il dit.
Pour lui, si la passion est retombée, la fraternité reprendrait naturellement ses droits. Il a d’ailleurs tenu à rassurer sur la maturité de ses concitoyens, affirmant que « le peuple marocain sait faire la part des choses » et refusera de céder à la rancœur.
En dépit de la défaite sur le terrain et des tensions dans les gradins, le souverain insiste sur le fait que le succès organisationnel du Maroc appartient à l’ensemble de l’Afrique. Ce discours vise à protéger l’image du royaume en tant qu’hôte de grands événements sportifs mondiaux, tout en éteignant l’incendie diplomatique qui couvait avec Dakar.
Josaphat Mayi


