Cette semaine, la rédaction de Zolanews présente le mémoire de Eunice Cilemba Mbuyi, étudiante à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), au sein de la Faculté de Communication, Éducation et Développement, département des Sciences de l’Information et de la Communication.
Sous la direction du Professeur Marcel Kanku Ntalaja et la lecture du Professeur Michel Ilunga Lemba, elle a défendu, le 29 septembre 2025, un mémoire intitulé : « Réception des messages de l’ABEF pour la promotion des naissances désirables par les couples du quartier Mombele dans la commune de Limete ».
Une étude pertinente qui s’intéresse à la communication en matière de planification familiale, un sujet crucial pour la santé publique et le développement social de la République Démocratique du Congo.
Un contexte marqué par une croissance démographique rapide et des défis familiaux
La chercheuse part d’un constat préoccupant selon lequel la population congolaise connaît une croissance rapide, particulièrement à Kinshasa, où de nombreux foyers accueillent des enfants sans planification préalable. Cette situation entraîne des difficultés économiques, éducatives et sanitaires pour les familles.
À travers son étude, Eunice Cilemba met en lumière l’importance de la promotion des naissances désirables, concept porté par l’ABEF (Association Bien-Être Familial).
L’objectif de cette organisation est d’encourager les couples à planifier leurs enfants selon leurs moyens et leurs aspirations, afin de garantir une meilleure santé maternelle et infantile, ainsi qu’un équilibre familial durable.
Une problématique centrée sur la réception et la compréhension des messages
La question centrale de ce mémoire est claire : Comment les couples du quartier Mombele reçoivent-ils et interprètent-ils les messages de l’ABEF sur les naissances désirables ?
Autrement dit, quels canaux permettent à ces messages d’atteindre le public (radio, église, télévision, réunions communautaires, discussions entre amis…), et comment les couples perçoivent et intègrent ces messages dans leur vie quotidienne ?
Cette réflexion est essentielle, car la réception des messages détermine leur efficacité car un message mal compris ou mal diffusé perd son pouvoir de sensibilisation, même s’il est scientifiquement fondé.
Une méthodologie qualitative centrée sur les couples du quartier Mombele
Pour répondre à cette problématique, Eunice Cilemba a opté pour une approche qualitative, privilégiant la parole et l’expérience des couples eux-mêmes.
Des entretiens semi-directifs ont été réalisés auprès de couples mariés ou vivant ensemble dans le quartier Mombele, situé dans la commune de Limete, à Kinshasa. Cette méthode a permis de recueillir des témoignages riches sur la manière dont les messages de l’ABEF sont reçus, compris et perçus dans la vie quotidienne des familles.
Des résultats significatifs : une réception positive mais encore perfectible
Les constats issus de cette étude sont à la fois encourageants et instructifs :
– La majorité des couples interrogés connaissent le concept de naissances désirables, même si tous ne le maîtrisent pas en profondeur ;
– Les principaux canaux de réception sont la radio, les églises, les centres de santé et les campagnes de sensibilisation organisées par l’ABEF ;
– Les couples qui comprennent bien les messages les jugent très utiles, car ils leur permettent de mieux gérer leur foyer, d’éviter les grossesses rapprochées et d’assurer la santé de la mère et de l’enfant ;
– Certains reconnaissent que ces messages contribuent aussi à renforcer la stabilité conjugale et la communication au sein du couple.
Toutefois, le travail note que la compréhension reste inégale, notamment chez les familles les moins instruites ou celles qui n’ont pas un accès régulier aux médias.
Des recommandations pour une communication plus efficace et inclusive

Pour améliorer la portée des messages de l’ABEF, Eunice Cilemba propose plusieurs recommandations concrètes notamment :
– Renforcer les campagnes de sensibilisation dans les quartiers populaires, où les besoins en information sont plus pressants ;
– Diversifier les canaux de communication, en combinant la radio, la télévision, les églises, les centres de santé et les réunions communautaires ;
– Encourager les discussions ouvertes entre conjoints, afin que la planification familiale devienne une responsabilité partagée ;
– Impliquer davantage les hommes, souvent absents des programmes de sensibilisation, pour renforcer la cohésion et la compréhension dans les foyers.
Ces recommandations traduisent une volonté de rendre la communication sur la santé reproductive plus participative, plus accessible et plus humaine.
Une étude pour un développement durable des familles
Le mémoire d’Eunice Cilemba va bien au-delà d’une simple analyse communicationnelle. Il offre une réflexion stratégique sur le développement humain en explorant le comment informer, éduquer et accompagner les familles congolaises dans une parentalité responsable.
Son travail s’inscrit dans la logique de la promotion du bien-être familial, du respect des droits reproductifs et de la lutte contre la pauvreté par la planification familiale.
Il constitue ainsi un outil utile pour les ONG, les structures sanitaires et les autorités publiques cherchant à adapter leurs stratégies aux réalités locales.
« Comprendre la réception des messages, c’est la clé pour bâtir une communication efficace, qui change les comportements et améliore la vie des familles », souligne la chercheuse.
Lydia Mangala


