En marge du segment politique de haut niveau consacré au financement durable de l’éducation et de la formation, organisé le mardi 28 avril à l’hôtel Hilton de Kinshasa, le ministre du Numérique, Augustin Kibassa, a défendu une vision résolument tournée vers l’innovation technologique comme levier de transformation du système éducatif et de la recherche en République démocratique du Congo.
Intervenant lors du panel dédié au financement stratégique de la recherche et de l’éducation, le ministre a insisté sur la nécessité d’intégrer pleinement le numérique dans les politiques éducatives nationales. Pour lui, l’avenir de l’éducation congolaise repose sur sa capacité à s’adapter aux mutations technologiques mondiales.

« Le numérique n’est plus une option, mais une nécessité pour garantir un système éducatif performant, inclusif et compétitif », a-t-il déclaré devant un parterre composé de décideurs politiques, de partenaires techniques et financiers ainsi que d’experts du secteur.

Au cœur de son intervention, Augustin Kibassa a présenté plusieurs projets structurants portés par son ministère, parmi lesquels la mise en place d’un centre de données national (Data Center). Cette infrastructure stratégique vise à renforcer la souveraineté numérique du pays, sécuriser les données publiques et améliorer la gestion des systèmes éducatifs à travers des plateformes digitales intégrées.
Le ministre a également annoncé l’élaboration d’une stratégie nationale de l’intelligence artificielle, conçue en collaboration avec plusieurs institutions, dont le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté. Cette stratégie, a-t-il précisé, prendra en compte les réalités congolaises ainsi que les enjeux éthiques liés à l’utilisation de l’IA dans des secteurs sensibles comme l’éducation et la recherche.
« Nous devons développer une intelligence artificielle responsable, adaptée à nos besoins et capable de soutenir l’apprentissage, la recherche et l’innovation locale », a-t-il souligné.

Dans la même dynamique, Augustin Kibassa a évoqué le développement d’incubateurs technologiques destinés à accompagner les jeunes innovateurs et les start-up évoluant dans le domaine de l’éducation numérique (EdTech). Une initiative qui s’inscrit dans la volonté du gouvernement de stimuler la créativité locale et de favoriser l’émergence de solutions adaptées aux défis éducatifs du pays.
Cependant, le ministre n’a pas éludé les contraintes majeures auxquelles fait face ce chantier ambitieux, notamment le défi du financement de la recherche et des start-up technologiques. Il a appelé à une mobilisation accrue des ressources publiques et privées.
« Investir dans le numérique et la recherche, c’est préparer l’économie de demain. Nous devons créer un écosystème capable de soutenir durablement l’innovation », a-t-il insisté.

Son intervention, intégrant la logique de ces assises, visait à repenser le financement de l’éducation en RDC à l’horizon 2026-2030. En plaçant le numérique au cœur de cette transformation, le ministre du Numérique entend positionner la RDC sur la voie d’un système éducatif modernisé, résilient et conforme aux exigences du XXIe siècle.
Ben Mandjolo


