Ce lundi 30 juin 2025, le Centre Culturel et Artistique des Pays de l’Afrique Centrale (CCAPAC), plus connu sous le nom « Le Grand Tambour », a accueilli la cérémonie d’ouverture du tout premier Congrès panafricain des jeunes universitaires congolais.
C’est tout naturellement que son Directeur Général, Balufu Bakupa-Kanyinda, a posé la première pierre symbolique de cet événement en prononçant une allocution empreinte de fierté, de mémoire et d’espérance pour l’avenir de l’Afrique.
Un accueil placé sous le signe du tambour

Dès les premiers mots, Balufu Bakupa-Kanyinda a insisté sur la vocation symbolique du lieu :
« Je vous souhaite la bienvenue au Centre culturel et artistique pour les Pays de l’Afrique centrale, que nous appelons avec fierté ‘Le Grand Tambour’ », a-t-il déclaré.
« Sa forme architecturale, celle d’un tambour, symbolise le lien, l’égalité et l’interconnexion ; tandis que ses ailes carrées représentent notre part de modernité », a-t-il ensuite exposé la portée identitaire de cette structure.
Une institution au service de la création et de l’innovation

Le dirigeant a rappelé que le CCAPAC n’est pas seulement un lieu de spectacle, mais également une résidence créative, un lieu de développement de projets d’échange, ainsi qu’un espace national d’initiative et d’innovation.
Depuis son inauguration en janvier dernier, « Le Grand Tambour » a accueilli plus de 15 000 enfants des niveaux primaire et secondaire, a-t-il souligné, et a déjà organisé le Festival du film des écoliers ainsi que le Théâtre des écoliers.
L’éducation et la culture comme leviers d’émancipation

Balufu Bakupa-Kanyinda n’a pas manqué de rappeler le rôle fondamental de la culture dans l’émancipation des peuples :
« Ici, au cœur de Kinshasa, nous croyons que l’éducation et la culture émancipent, forgent la confiance et donnent sens à la liberté », a-t-il affirmé.
« Imprimer, c’est laisser une trace dans la mémoire de ceux qui sont ici, de ceux qui viendront et de ceux qui viendront après ; car le Congo appartient réellement à ceux qui viennent, et ensemble nous en sommes les gardiens », a-t-il également évoqué la fonction d’imprimerie du centre.
Entre mémoire et engagement panafricain

L’allocution s’est conclue par un hommage aux figures de la résistance et de l’unité africaine.
Le Directeur Général a rappelé que le congrès se déroule au moment où le Congo commémore deux dates marquantes :
« Le 2 juillet, nous célébrerons Kimpa Vita, brûlée vive pour avoir prêché un christianisme africain affranchi de Rome », s’est-il remémoré.
« En 1925, un jeune homme se nomma lui-même « Lumumba », portant en lui l’espoir du peuple », a-t-il rappelé la date l’anniversaire de Patrice Lumumba qui, si il était vivant, aurait eu 100 ans cette année.
Pour Balufu Bakupa-Kanyinda, ce congrès doit stimuler la réflexion panafricaine, proposer une lecture stratégique des agressions qui frappent la RDC, démocratiser l’action autour des idées panafricaines, offrir un cadre d’expression à la jeunesse et développer un nouvel élan d’émancipation.
« Ce congrès est votre congrès ; inscrivez vos résolutions dans le même fil de lutte et de conscience. Bienvenue au Grand Tambour! », a-t-il exhorté les participants.
En mettant ainsi le tambour au cœur du débat, Balufu Bakupa-Kanyinda a donné le ton d’un événement où se mêlent mémoire, créativité et engagement pour un avenir panafricain.
Les travaux se poursuivront jusqu’au mercredi 2 juillet et permettront d’approfondir ces premiers élans sous l’égide de jeunes militants et universitaires congolais.
Lydia Mangala


