Le Ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations (ESURSI) annonce, en ce mardi 28 octobre 2025, la publication officielle de l’Arrêté ministériel n° A3.Y/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2025 du 2 octobre 2025, portant organisation des écoles doctorales au sein des établissements d’enseignement supérieur et universitaire en République Démocratique du Congo.
Une étape historique pour le doctorat congolais
Cette décision vise à professionnaliser le troisième cycle universitaire et à garantir une qualité scientifique élevée, en harmonisant le fonctionnement des formations doctorales selon le système Licence-Maîtrise-Doctorat (LMD).
Seules les institutions disposant d’un corps professoral qualifié, d’unités de recherche fonctionnelles, d’infrastructures adaptées et d’un règlement interne conforme aux normes nationales seront habilitées à ouvrir ou poursuivre une école doctorale.
« Cet arrêté consacre la mise en place d’un cadre rigoureux et moderne pour la formation des chercheurs. Il garantit la qualité, la responsabilité et la reconnaissance des écoles doctorales congolaises au niveau mondial », a salué Marie-Thérèse Sombo, Ministre de l’ESURSI.
Missions des écoles doctorales
Les écoles doctorales auront pour missions d’assurer une formation de haut niveau conduisant au grade de docteur à thèse, de promouvoir une recherche scientifique d’excellence, de garantir un encadrement efficace des doctorants, de favoriser l’insertion professionnelle des doctorants et de développer l’internationalisation de la formation et de la recherche.
Conditions de création
Pour créer une école doctorale, un établissement doit :
– Disposer d’au moins 50 enseignants-chercheurs permanents, dont 5 par spécialité ou programme doctoral, et 100 à 150 doctorants ;
– Offrir au moins 5 programmes doctoraux ;
– Avoir des laboratoires certifiés, des salles équipées et des partenariats scientifiques actifs ;
– Mettre en place un dispositif de gouvernance clair (directeur, comité scientifique, coordination administrative).
Formes des écoles doctorales
Les écoles doctorales peuvent adopter différentes formes :
– Thématique : centrée sur un champ disciplinaire spécifique.
– Par domaine : interdisciplinaire, couvrant les huit domaines de formation : Sciences de la santé, Sciences et technologies, Sciences de l’homme et de la société, Sciences juridiques, politiques et administratives, Sciences économiques et de gestion, Sciences psychologiques et de l’éducation, Sciences agronomiques et de l’environnement ainsi que Lettres, langues et arts
– Unique ou transversale : coordination de tous les programmes doctoraux.
– Hybride : combinaison des écoles thématiques et par domaine.
Admission et encadrement
Les candidats doivent être titulaires d’une maîtrise ou équivalent, avec mention minimale selon le parcours, et présenter un projet de recherche accompagné de recommandations de deux professeurs.
Les doctorants sont encadrés par un ratio maximum de 1 encadrant pour 5 doctorants, au sein d’un comité d’encadrement de trois membres.
Programme doctoral
– Formation pédagogique et scientifique : 60 crédits ;
– Activités de recherche : 120 crédits (collecte et analyse de données, publications, communication scientifique, rédaction et soutenance de la thèse);
– Soutenance : en présentiel, obligatoire, après trois étapes de restitution doctorale (Staff seminars).
Évaluation et accréditation
L’ANAQ-ESU assure l’évaluation externe et interne des écoles doctorales et accompagne la mise en conformité des établissements.
L’accréditation est délivrée pour 5 ans renouvelables, après avis favorable de l’Autorité de tutelle.
Cette réforme vise à renforcer la crédibilité internationale du doctorat congolais, à promouvoir l’excellence scientifique, et à garantir une gestion transparente et professionnelle des écoles doctorales en RDC.
Lydia Mangala


