La République démocratique du Congo poursuit sa mutation stratégique dans le secteur extractif. Le Gouvernement a officiellement lancé, ce jeudi au Pullman Grand Hôtel de Kinshasa, le projet “Country Window RDC”, une initiative majeure inscrite dans le programme panafricain PanAfGeo+.
Porté par le Ministère des Mines, ce dispositif marque une avancée significative vers une meilleure maîtrise des ressources naturelles du pays. L’ambition est claire : structurer, centraliser et valoriser les données géoscientifiques afin de renforcer la gouvernance du secteur minier.
Vers une souveraineté renforcée sur les données du sous-sol
Au cœur du projet, le renforcement des capacités du Service Géologique National du Congo (SGN-C) apparaît comme une priorité. Il s’agit notamment d’améliorer les mécanismes d’acquisition, de traitement et de gestion des données relatives au sous-sol, levier indispensable pour orienter efficacement les politiques publiques.
En filigrane, Kinshasa affiche une volonté assumée : bâtir une industrie minière plus compétitive, fondée sur la connaissance scientifique, la transparence et l’attractivité pour les investisseurs responsables.
Un projet soutenu au plus haut niveau de l’État
Dans son allocution, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a insisté sur la portée stratégique de cette initiative, soutenue par l’Union européenne. Il a souligné que ce projet s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, axée sur la transformation structurelle du secteur minier et la consolidation de la souveraineté nationale.
Cette dynamique s’opère sous la coordination de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, qui incarne une gouvernance tournée vers la modernisation et la valorisation des ressources nationales.
Une coopération renforcée avec l’Union européenne
Moment clé de la cérémonie : la signature du cadre de référence du projet entre la RDC et la délégation de l’Union européenne. Cet acte scelle un partenariat stratégique axé sur le développement des capacités techniques et scientifiques dans le domaine des géosciences.
Au-delà du symbole, cette coopération ouvre la voie à un transfert de compétences et à un accompagnement structurant pour les institutions congolaises.
Un levier stratégique dans la transition énergétique mondiale
Avec environ 70 % de la production mondiale de cobalt et d’importantes réserves de minerais critiques, la RDC occupe une position centrale dans les chaînes d’approvisionnement mondiales liées à la transition énergétique.
Mais désormais, l’enjeu pour Kinshasa dépasse l’exploitation brute. Le pays entend s’appuyer sur des données fiables pour réduire les risques, orienter les investissements et surtout favoriser la création de valeur locale.
Le “Country Window RDC” s’inscrit dans cette logique : améliorer la connaissance du potentiel géologique national pour mieux planifier, mieux négocier et mieux transformer les ressources.
Un programme structurant à l’horizon 2028
Déployé avec l’appui de partenaires internationaux, ce projet s’étendra jusqu’en 2028. Il ambitionne de renforcer durablement les institutions techniques du pays et de poser les bases d’un secteur minier plus transparent, performant et compétitif.
En clôture de la cérémonie, le ministre des Mines a officiellement lancé le projet, affirmant avec fermeté que les données géoscientifiques doivent désormais devenir « un pilier stratégique du développement minier de la RDC ».
Joséphine Mawete


