Dans le cadre de la structuration de son économie productive, le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba, a ouvert, le jeudi 11 décembre 2025 au chapiteau de l’Hôtel Pullman, un atelier national de validation du plan de travail stratégique destiné à lever les goulots d’étranglement de la filière cuir.
Organisé par le ministère de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, en collaboration avec la SADC et la Coopération allemande, cet atelier vise à poser les bases d’une véritable industrie nationale du cuir, capable de créer des milliers d’emplois et de renforcer la compétitivité du pays sur le marché régional.
Une filière à fort potentiel économique
Dans son mot de bienvenue, Michel Lomange, représentant du secteur privé congolais, a insisté sur l’urgence d’agir pour valoriser les ressources nationales.
« Chaque année, plus de 100 millions de dollars échappent au trésor public à cause de l’importation des matières premières. Cet atelier est une réponse concrète pour que nous devenions enfin compétitifs », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation commune pour reconstruire une chaîne de valeur encore fragmentée.
Il a souligné que l’entrepreneuriat doit redevenir le moteur d’une industrialisation souveraine.
« La filière cuir est un terrain stratégique pour prouver que nous pouvons transformer localement et créer de la richesse nationale », a-t-il ajouté.
La SADC encourage l’intégration de la RDC dans la chaîne de valeur régionale
Prenant la parole, Kalisha Taleva, représentant de la SADC en charge de la chaîne de valeur du cuir, a rappelé l’ambition du bloc régional.
« L’objectif est de moderniser, standardiser et développer une industrie du cuir pleinement intégrée en Afrique australe », a-t-il affirmé, saluant l’engagement de la RDC à rejoindre cette dynamique continentale.
Il a également encouragé le pays à capitaliser sur son vaste cheptel tout en s’attaquant aux défis structurels qui freinent la transformation industrielle locale.
Le Gouvernement veut structurer un écosystème du cuir solide et compétitif
Ouvrant officiellement les travaux au nom du ministre Justin Kalumba, Stéphanie Mwabilu Mpemba, adjointe au directeur de cabinet, a mis en avant le potentiel économique encore sous-exploité du secteur.
« La filière cuir, bien qu’encore sous-développée en RDC, reste un potentiel considérable en termes de création d’emplois, de valeur ajoutée locale et d’opportunités d’exportation », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que cet atelier s’inscrit dans la vision du Gouvernement visant à structurer des filières productives compétitives, depuis l’élevage jusqu’à la transformation industrielle.
Justin Kalumba : « Nous allons domestiquer la chaîne d’approvisionnement du cuir »
Très attendu, le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba, a livré un message dense articulé en trois temps entre autres engagement politique, vision industrielle intégrée, et feuille de route pragmatique.
« Merci aux partenaires et participants qui croient en la vision du Chef de l’État. Ensemble, nous allons domestiquer cette chaîne d’approvisionnement du cuir », a-t-il lancé, saluant l’implication des experts nationaux et régionaux.
Abordant la vision globale du secteur, il a souligné le caractère stratégique du cuir.
« Le cuir est un produit stratégique en amont et en aval », a-t-il expliqué.
Il a détaillé les deux volets fondamentaux :
– en amont : quantification du cheptel, organisation de l’abattage, structuration des ressources ;
– en aval : création d’industries solides, compétitives et adaptées aux standards internationaux.
Il a déploré la disparition d’anciennes marques congolaises emblématiques.
« Nous ne pouvons pas accepter que des marques comme Bata disparaissent. Nous devons réindustrialiser », a-t-il regretté.
« Nous ne devons pas rester dans la théorie. Passons à la pratique. Mon objectif est clair : il faut installer une industrie du cuir dans la Zone Économique Spéciale », a affirmé le ministre, assurant que les premières unités pourraient être opérationnelles progressivement.
Des travaux techniques déterminants pour l’avenir de la filière
La cérémonie d’ouverture s’est poursuivie par une visite d’exposition d’articles en cuir conçus par des artisans congolais et des délégations venues de plusieurs pays.
Les travaux se sont ensuite déroulés en commissions thématiques, chargées d’élaborer un plan stratégique national incluant la structuration des chaînes d’approvisionnement, le modèle industriel à adopter, les normes et standards régionaux, les mécanismes de financement et les opportunités d’exportation.
Le document final sera transmis aux autorités compétentes et devrait ouvrir la voie à la mise en place d’une industrie du cuir entièrement intégrée, depuis l’élevage jusqu’au produit fini.
Lydia Mangala


