Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, Chantal Yelu Mulop, Coordinatrice des Services Spécialisés en charge de la Jeunesse, de la Lutte contre les Violences faites aux Femmes et de la Traite des Personnes, a ouvert, ce vendredi 28 novembre 2025, la journée organisée par la Fondation Femmes & STEM Asbl à l’Université Pédagogique Nationale.
Lors de son mot d’ouverture, Chantal Yelu a rappelé la portée de sa mission confiée par le Président de la République en 2019 de protéger la jeunesse et combattre toutes les formes de violences, y compris celles qui se produisent dans les espaces numériques.

« Les jeunes filles doivent être pleinement présentes pour construire l’avenir scientifique et logique de notre pays. Une génération qui refuse d’être bridée, physiquement ou numériquement, doit pouvoir exprimer sa créativité et son ambition », a affirmé Chantal Yelu Mulop.
Une mission en cohérence avec la vision présidentielle
Chantal Yelu Mulop a insisté sur l’importance de créer des initiatives pour permettre aux femmes et filles de s’exprimer et de contribuer au développement du pays.
Elle a rappelé que les violences, qu’il s’agisse de harcèlement, d’intimidation ou de diffusion non consentie de contenus, touchent particulièrement les jeunes filles.
Elle a également mis en lumière le rôle de la ligne verte 122, service gratuit de signalement et de protection contre les abus en ligne :
« Ces dernières années, des centaines de survivants sont accompagnés chaque mois via la ligne verte 122. Ce ne sont pas des chiffres abstraits, ce sont des vies sauvées, des enfants protégés, des familles qui échappent au cycle de la violence », a-t-elle rassuré.
Chantal Mulop a invité les étudiants et étudiantes à devenir des gardiens et gardiennes de leurs camarades, rappelant que toute forme de violence, que ce soit dans un foyer, dans la rue ou sur un écran, ne doit pas être tolérée.
Les jeunes et le numérique : entre opportunités et vulnérabilités
Lors du panel « Femmes : Victimes ou actrices dans l’échiquier des cas des violences faites au genre », Chantal Yelu a approfondi la question de l’utilisation des réseaux sociaux par la jeunesse congolaise.
Elle a souligné que des plateformes comme TikTok peuvent être des outils puissants pour apprendre et se sensibiliser rapidement, mais qu’elles peuvent aussi exposer les jeunes filles à des risques de harcèlement et de violences :
« Beaucoup de femmes sont victimes de harcèlement sur les réseaux sociaux, mais ne savent pas toujours comment réagir ou se protéger. Une vidéo où une jeune fille danse ou s’exprime librement ne signifie pas qu’elle vend son corps. Ce sont les mentalités qui doivent changer », a-t-elle mis un point.
Chantal Yelu a insisté sur la nécessité d’éduquer, contextualiser et accompagner les jeunes générations pour réduire durablement les violences en ligne.
Rôle des institutions dans la protection des femmes

Au-delà de la sensibilisation, Chantal Yelu Mulop a présenté les dispositifs mis en place par l’État pour accompagner les victimes comme la prise en charge médicale gratuite, le soutien psychologique et juridique gratuit, avec suivi continu, le numéro vert 122, disponible 24h/24 sur tout le territoire ainsi que la réation du FONAREV, fonds national pour la réparation des victimes
« Tous ces dispositifs permettent de renforcer la protection des victimes, de sensibiliser la population et de lutter efficacement contre les violences sexuelles et sexistes », a affirmé Chantal Yelu Mulop.
Elle a conclu son intervention en soulignant que la lutte contre les violences basées sur le genre nécessite un engagement collectif et permanent, alliant institutions, familles, sociétés civiles et acteurs numériques.
Pour Chantal Yelu Mulop, protéger les femmes et filles en ligne et hors ligne n’est pas une option, mais une priorité nationale. Sa vision allie prévention, accompagnement et responsabilisation de la jeunesse, plaçant l’éducation et le numérique au cœur d’un combat nécessaire pour un avenir sûr et inclusif.
Lydia Mangala


