À Kaniama-Kasese, la terre ne promet pas, elle répond. Dans cette vaste étendue dorée, où les épis de maïs arrivés à maturité ondulent sous le vent comme une mer prête à être moissonnée, tout est désormais en place pour le lancement officiel de la récolte de la saison agricole 2025-2026 du Service national. Un moment solennel marqué par la présence annoncée du président Félix Tshisekedi, attendu pour donner le coup d’envoi d’une campagne aux résultats déjà prometteurs.
« Tout est fin prêt. Nous sommes très satisfaits du travail. La récolte, cette année, sera très importante et de très bonne qualité. De 25 000 tonnes l’année passée, nous passons à 40 000 tonnes cette année. Nous n’attendons que le Chef de l’État pour lancer la récolte », a affirmé le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, visiblement confiant.
Sur le terrain, l’organisation impressionne par sa rigueur quasi militaire. Alignées avec précision, les moissonneuses-batteuses attendent leur entrée en action, symboles d’une agriculture en pleine mutation, tournée vers la mécanisation et la production à grande échelle. Aux commandes, le Service national supervise chaque étape, avec la doctrine d’encadrer, de produire et de transformer.
Depuis plusieurs mois, Jean-Pierre Kasongo Kabwik a fait de ce site son quartier général, s’investissant sans relâche pour garantir le succès de la campagne. Rien n’est laissé au hasard, du suivi des cultures à la logistique post-récolte, chaque détail est maîtrisé et optimisé. Les résultats parlent d’eux-mêmes. Avec une projection de 40 000 tonnes, soit près de 15 000 tonnes supplémentaires par rapport à la saison précédente, le Service national enregistre une progression significative, portée par la discipline, la mécanisation et une volonté politique affirmée.
Autour des champs, toute une chaîne logistique est déjà à l’œuvre. Les séchoirs fonctionnent en continu pour traiter la production, tandis que les camions assurent des rotations vers les centres de stockage. Le site fonctionne comme une mécanique bien huilée, où chaque maillon contribue à une ambition plus large de faire de l’agriculture un levier stratégique de souveraineté.
Mais au-delà de la performance agricole, une transformation humaine s’opère également. À Kaniama-Kasese, d’anciens jeunes en rupture retrouvent une trajectoire, encadrés et formés dans un processus de réinsertion par le travail. Dans leurs gestes disciplinés se dessine une autre victoire, plus discrète mais tout aussi essentielle, celle de la reconstruction sociale.
Plus qu’un simple site de production, Kaniama-Kasese s’impose aujourd’hui comme un véritable laboratoire d’État. Une démonstration concrète qu’une politique publique structurée peut conjuguer sécurité, réinsertion et production. Ici, la terre ne promet pas, elle répond.
Joelle Luniongo


