Dans un débat devenu récurrent autour de la gouvernance de Kinshasa, la vice-présidente de la ligue des jeunes du PPRD, Allégra Fosh, s’est exprimée sur les raisons profondes qui, selon elle, expliquent les échecs successifs des gouverneurs de la capitale.
Réagissant à un commentaire d’un internaute évoquant la médiocrité du personnel et le recours à la géopolitique dans les nominations, elle a livré une analyse sévère du système et un appel urgent à revoir la manière de diriger la ville.
Pour Allégra Fosh, Kinshasa n’échoue pas par hasard, elle échoue parce qu’on répète les mêmes erreurs, en sachant qu’elles mènent droit au mur.
« Pourquoi tous les gouverneurs échouent ? » : une question nécessaire, selon Allégra Fosh
Pour la vice-présidente de la ligue des jeunes du PPRD, il est insuffisant de mettre en cause uniquement les individus ayant dirigé la ville, tels que André Kimbuta, Gentiny Ngobila ou encore Daniel Bumba.
Elle estime qu’avant de parler d’un éventuel remaniement à la tête de la province, il faut d’abord poser le vrai diagnostic.
Selon elle, l’échec à répétition ne doit pas être expliqué par les personnes, mais par le système qui produit ces échecs.
« Il est trop simpliste de dire que Kimbuta a échoué, que Ngobila a échoué et que Bumba échouera. Ce qu’il faut définir avec précision, c’est : comment réussir à Kinshasa ?», interroge-y-elle.
Le débat sur la géopolitique
Un de ses abonnés a réagi en affirmant que la qualité du personnel politique nommé à Kinshasa était « clairement médiocre » depuis plusieurs mandatures, et que la géopolitique, privilégiant les autochtones même sans profil adéquat, était à la base de ces nominations.
Une critique que la vice-présidente n’a pas rejetée. Au contraire, elle a renforcé le propos par une réponse cinglante :
« Cette pratique est une bêtise qui a largement fait ses preuves. Et vous verrez : quand il y aura élection, ils vont encore la refaire », a-t-elle déploré.
Pour Allégra Fosh, cette logique de quotas identitaires est un piège qui empêche la compétence d’accéder aux postes stratégiques, et entretient un cycle d’inefficacité dans la gestion de la capitale.
Réformer la gouvernance : un appel à repenser le modèle de leadership à Kinshasa
Pour elle, réussir à la tête de Kinshasa nécessite bien plus qu’un changement de gouverneur.
Cela implique une refonte profonde des critères de nomination, centrés sur la compétence et non l’appartenance, une vision claire et mesurable pour la capitale, intégrant sécurité, mobilité, assainissement, et gestion administrative ainsi qu’une rupture totale avec les pratiques qui ont montré leurs limites, notamment la géopolitique automatique, les arrangements politiques et la sélection par proximité.
Pour Allégra Fosh, si on veut que Kinshasa réussisse, il faut d’abord arrêter de reproduire un système qui échoue depuis vingt ans.
Par ses propos, Allégra Fosh remet sur la table le débat fondamental des causes structurelles de la mauvaise gouvernance à Kinshasa.
Pour elle, tant que les nominations continueront à obéir à la géopolitique et non aux compétences, les échecs s’enchaîneront, quel que soit le gouverneur choisi.
Lydia Mangala


