Le Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), a officiellement lancé, le lundi 16 juin 2025 depuis la chefferie de Tshikapa, l’opération d’identification des personnes ayant subi des exactions entre 1993 et aujourd’hui dans les territoires de Kananga, Demba, Dibaya, Luiza, Dimbelenge et Kazumba.
Pilier de la justice transitionnelle en RDC, cette étape essentielle ouvre la voie à la reconnaissance et à la réparation, tout en s’accompagnant d’une vaste campagne de sensibilisation auprès des communautés et des autorités locales.
Début des enregistrements à Tshikapa et à Kananga

C’est depuis le samedi 14 juin 2025 que les équipes régionales du FONAREV coordonnée par Mhyrand Mulumba ont installé leur premier point d’enregistrement à Tshikapa, avant de gagner Kananga le lundi 16 juin 2025.
Les agents ont recueilli les témoignages des victimes, consigné leurs données personnelles et biométriques, et retracé l’historique des faits subis.
L’objectif est de constituer une liste consolidée et unique des bénéficiaires, préalable indispensable au déploiement ultérieur du soutien matériel, financier, judiciaire et médical par le gouvernement.
Sensibilisation et mobilisation des communautés

Conscient que la réussite de l’opération repose sur la confiance des populations, le FONAREV a simultanément engagé une campagne d’information dans les cinq territoires concernés.
À Demba, les relais communautaires ont diffusé, en langues locales, des messages radiophoniques expliquant le caractère gratuit et confidentiel du recensement.
À Luiza et Dibaya, ce sont des assemblées villageoises, animées par les chefs coutumiers et les leaders religieux, qui ont permis de rappeler l’importance de cette démarche et d’encourager chaque victime à venir se faire enregistrer.
Vers une réparation complète et durable
Au terme de cette phase d’identification, chaque personne reconnue pourra accéder aux mécanismes de réparation prévus par la loi congolaise.
Le FONAREV insiste sur le fait que la constitution de ce fichier unique est le socle sur lequel s’appuiera l’octroi de compensations financières, l’accompagnement médical, ainsi que l’appui judiciaire pour faire valoir les droits des victimes.

Dans les mois à venir, des groupes de travail mixtes, associant représentants de l’État, ONG et société civile, définiront les modalités concrètes de ces réparations, afin d’assurer un retour à la dignité pour ceux qui ont tant souffert.
Lydia Mangala


