Au terme de sa 62ᵉ assemblée plénière tenue du lundi 12 au jeudi 15 mai 2025, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a lancé un vibrant appel à l’adoption d’un « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la Région des Grands Lacs ».
Les évêques, conscients de la multiplication des crises sécuritaires, politiques, judiciaires et économiques, invitent tous les Congolais à adhérer à ce processus pour sauver notre chère Nation.
Des constats alarmants
Dans leur message final, les évêques dressent d’abord le constat d’une guerre et de conflits intercommunautaires qui menacent l’intégrité territoriale de la RDC et ensanglantent la région.
Ils dénoncent la perte de milliers de vies, les déplacements massifs et les violences sexuelles :
« Nous déplorons la perte des milliers de vies humaines, des cas de viols et des déplacements massifs des populations. Aussi, nous condamnons sévèrement leurs auteurs. »
Sur le plan politique, ils pointent une « grande crispation du climat » autour des consultations pour un gouvernement d’union nationale, jugées menées dans un environnement difficile.
Ils expriment aussi leur défiance envers les partenariats miniers, demandant que l’exploitation des richesses profite à tous les Congolais.
Justice, droits humains et spoliations
Les évêques interpellent ensuite la justice : malgré la tenue des États généraux et les recommandations du chef de l’État, le système judiciaire resterait manipulé par les plus forts.
Les contentieux électoraux n’auraient guère connu de suites, et les spoliations foncières, y compris celles touchant l’Église, se multiplieraient impunément.
Crise socio-économique et humanitaire
Face au coût des opérations militaires et à la fermeture des banques et aéroports dans l’Est, les évêques déplorent l’impact négatif sur l’économie du pays et la vie des Congolais.
Ils soulignent la précarité croissante des familles et le retour forcé de milliers de déplacés, souvent sans soutien.
Vers un Pacte social congolais
Soulignant la valeur irremplaçable d’une initiative purement locale, Mgr Donatien Nshole a rappelé :
« Ces causes profondes impliquent des questions internes que seuls les Congolais peuvent examiner. »
Les évêques, en partenariat avec l’Église du Christ au Congo (ECC), annoncent la mise en place prochaine d’un cadre de discussion nationale, incluant la société civile, les partis politiques, les autorités coutumières et religieuses.
Leur objectif est celui de parvenir à un consensus interne avant toute médiation internationale, afin d’éviter la réapparition de nouveaux groupes armés.
Un message d’espérance
Pour conclure, la CENCO invite les Congolais à ne pas fermer leur cœur, mais à écouter la voix du Seigneur, citant le Psaume 94 : 7–8.
Dans un contexte de jubilé de l’espérance, les évêques souhaitent que ce Pacte social soit le catalyseur d’une véritable réconciliation nationale, fondée sur la justice, la solidarité et la dignité de chaque citoyen.
En mobilisant leur autorité morale, la CENCO et l’ECC entendent inscrire le Pacte social comme la première pierre d’un renouveau où la paix ne sera plus seulement un vœu, mais une réalité partagée par tous.
Lydia Mangala


