Après plusieurs semaines d’attente marquées par des retards en début d’année, le processus de paiement des salaires des agents et fonctionnaires de l’État reprend progressivement en République démocratique du Congo. Réuni le mercredi 22 avril à Kinshasa, le Comité de suivi de la paie (CSP) a annoncé le lancement effectif de la paie du mois d’avril 2026, avec une exécution en plusieurs phases.
Dans cette première étape, les militaires, les policiers ainsi qu’une partie des enseignants sont les premiers bénéficiaires, avant l’extension progressive aux agents administratifs et à l’ensemble des fonctionnaires de l’État, pour mieux organiser les flux de paiement et à éviter les dysfonctionnements observés ces derniers mois.
À l’issue de la réunion d’évaluation, l’ordonnateur délégué Berry Kaniki a tenu à rassurer sur les orientations données par le gouvernement, sous la supervision du ministre des Finances. L’objectif affiché est clair : rétablir une régularité effective de la paie au cours du mois.
Dans ce sens, des ajustements techniques ont été opérés par le Comité de suivi de la paie afin de garantir une exécution plus fluide et maîtrisée du processus. Ces mesures interviennent après des perturbations enregistrées en début d’année 2026, qui avaient suscité de nombreuses préoccupations au sein de l’administration publique.
En présence des services techniques impliqués dans la chaîne de paiement, des dispositions conservatoires ont également été arrêtées pour assurer que tous les agents soient effectivement payés avant la fin du mois d’avril, malgré un contexte encore marqué par des défis sécuritaires dans certaines zones du pays.
Le CSP a, par ailleurs, adressé un message ferme aux banques commerciales et aux opérateurs de paie, les appelant à respecter scrupuleusement le calendrier établi et à corriger les anomalies à l’origine de retards ou de dysfonctionnements dans la distribution des salaires.
Dans une démarche de suivi rapproché, une équipe sera prochainement déployée sur le terrain. Sa mission consistera à évaluer le bon déroulement du processus de paie, à recueillir les réclamations des agents et à proposer des solutions concrètes pour améliorer le système.
Du côté des partenaires sociaux, le ton se veut à la fois vigilant et encourageant. Fidèle Kiyangi Matangila, président de l’Intersyndicale nationale de la fonction publique, a salué les efforts fournis par le gouvernement pour rétablir la régularité des salaires. Il a également rendu hommage à la patience des agents et fonctionnaires de l’État, confrontés à des retards répétés ces derniers mois.
Au-delà de cette reprise, le gouvernement, à travers le ministère des Finances, réaffirme sa volonté de maintenir la stabilité financière du pays dans un contexte économique et sécuritaire exigeant. Il entend également soutenir, par des actions concrètes, les forces engagées dans la défense de la souveraineté nationale.
Cette relance progressive de la paie apparaît ainsi comme un signal attendu, à la fois pour restaurer la confiance au sein de l’administration publique et pour garantir un minimum de stabilité sociale dans un environnement encore sous pression.
Lydia Mangala


