Kinshasa traverse une crise de gouvernance qui suscite une indignation croissante au sein de la classe politique. Parmi les voix les plus virulentes, celle de l’avocat et homme politique Honoré Mvula résonne avec une force particulière.
Dans une déclaration, il estime que la capitale congolaise se trouve dans un état de gestion alarmant, imputable selon lui à l’équipe provinciale dirigée par le gouverneur Daniel Bumba.
Un constat sévère : « Le gouverneur Bumba devrait démissionner »
Pour Honoré Mvula, la situation ne peut plus être minimisée. Il affirme sans détour que « la ville de Kinshasa est devenue ingouvernable, et au regard de tous ces contrôles en cours, le gouverneur Bumba devrait démissionner et se mettre à la disposition de la justice ».
Selon lui, les multiples missions d’audit en cours prouvent que la gestion provinciale nécessite un examen sérieux.
Il déplore en outre ce qu’il qualifie de silence complice de l’Assemblée provinciale. D’après lui, alors que plusieurs rapports mettent en cause la gestion du gouverneur, l’organe législatif provincial resterait étonnamment inactif.
Il considère que l’Assemblée « devrait initier un contrôle parlementaire assorti d’une motion », mais préfère demeurer silencieuse, une attitude qu’il perçoit comme un signe « d’instrumentalisation ».
Une gestion jugée opaque et inefficace
Honoré Mvula reproche à l’exécutif provincial le manque de transparence et l’absence de résultats concrets.
Selon lui, « il préfère nourrir des robots communicants pour justifier deux ans de gestion », alors que le quotidien des Kinois témoigne du contraire.
Dans son analyse, il constate que l’insalubrité demeure quasiment endémique, plus de 99 % des chantiers amorcés restent inachevés, la ville manque de routes praticables et d’éclairage public, le taux de criminalité continue d’augmenter et la gestion financière se déroule dans une opacité totale.
Pour Honoré Mvula, ces faits prouvent que « ce que nous vivons dépasse la simple dégradation de plus de 40 ans », insistant que la situation actuelle résulte de choix humains, non d’une fatalité historique.
« C’est une catastrophe provoquée par la gestion humaine : pas d’éclairage public, pas de routes, insalubrité totale… Et pourtant, c’est la seule province qui reçoit un soutien régulier du gouvernement central, mais rien n’avance », insiste-t-il.
« La baguette magique n’existe pas, mais la volonté oui », affirme Honoré Mvula, conscient de la possibilité d’un changement de situation.
L’avocat estime qu’aucune réforme durable ne peut émerger sans vision stratégique. Il appelle à rompre avec ce qu’il qualifie d’improvisation chronique, soulignant la nécessité d’installer une gouvernance transparente, structurée et tournée vers les résultats.
Il plaide pour unplan d’urgence en 90 jours, au lieu de mesures dispersées, des routes et un éclairage fonctionnel, au lieu de promesses répétées, une gestion numérique des finances, plutôt que « l’opacité actuelle » et une stratégie urbaine moderne, en lieu et place « d’une administration gérée au jour le jour ».
Selon lui, Kinshasa mérite mieux qu’une gestion personnelle, sans vision et sans planification.
Un appel à une nouvelle gouvernance
« Kinshasa ne peut pas être réformée avec des dirigeants sans vision : pas d’éclairage public, routes impraticables, insalubrité totale, hausse de l’insécurité, gouvernance opaque. Le départ de Bumba n’est pas un caprice, c’est la condition pour que la vraie transformation commence », conclut Honoré Mvula.
Pour l’avocat, un changement de leadership est indispensable pour redonner un cap à une capitale fragilisée et reconnecter l’action publique aux besoins réels des citoyens.
Lydia Mangala


