La République Démocratique du Congo s’est jointe, ce vendredi 26 septembre, au reste du monde pour commémorer la Journée mondiale de la contraception, placée cette année sous le thème : « Un choix pour tous : autonomie, intention, accès ».
Cette journée vise à rappeler l’importance de l’éducation sexuelle complète et de l’accès universel aux méthodes contraceptives modernes, en particulier pour les jeunes et les femmes, afin de leur permettre de faire des choix éclairés pour leur santé et leur avenir.
L’accès à la contraception, un droit humain fondamental
En RDC comme ailleurs, la contraception est reconnue comme un droit essentiel pour améliorer la santé, réduire la mortalité maternelle et soutenir le développement.
Selon l’UNFPA, les interventions en 2024 ont permis d’éviter près de 1,8 million de grossesses non désirées, plus de 500 000 avortements à risque et environ 6 400 décès maternels. Ces chiffres illustrent l’impact vital de la planification familiale moderne.
Une situation encore préoccupante en RDC

Malgré les progrès réalisés, les indicateurs de santé reproductive demeurent préoccupants.
– Le taux de fécondité atteint en moyenne 5,5 enfants par femme, l’un des plus élevés d’Afrique.
– Le taux de prévalence contraceptive moderne reste faible, à 10,9 % seulement chez les femmes en union (EDS 2023-2024).
– Près de 32 % des femmes mariées ou en union souhaitent espacer ou limiter les naissances, mais n’ont pas accès à des méthodes adaptées.
Ces limites se traduisent par des grossesses non planifiées, une pression accrue sur les infrastructures sociales et sanitaires, et une vulnérabilité persistante des femmes et adolescentes.
Un défi majeur pour les adolescentes

La vie reproductive commence très tôt pour de nombreuses jeunes filles.
Les données révèlent que 27 % des adolescentes de 15 à 19 ans ont déjà entamé leur vie reproductive, dont 21 % sont déjà mères et 6 % enceintes de leur premier enfant.
Ces grossesses précoces freinent l’éducation des filles et augmentent leur exposition aux risques sanitaires, sociaux et économiques.
Des obstacles multiples et persistants

Les défis de l’accès à la contraception en RDC s’expliquent par plusieurs facteurs :
– des ruptures de stock fréquentes de contraceptifs modernes,
– un manque d’information et d’éducation sexuelle,
– des normes culturelles restrictives,
– des inégalités criantes entre zones urbaines et rurales,
– et des infrastructures sanitaires insuffisantes.
Ces obstacles maintiennent la demande satisfaite à un niveau faible (21 % en 2024).
Un besoin urgent de financements

La contrainte financière constitue une barrière supplémentaire. Selon l’UNFPA, la RDC devra mobiliser 70 millions de dollars en 2025 pour répondre aux besoins en contraceptifs modernes.
À l’échelle mondiale, le déficit de financement est estimé à 1,5 milliard de dollars d’ici 2030 pour les pays à faible et moyen revenu.
En dépit de la création d’une ligne budgétaire nationale, les ressources locales restent limitées et affectent la disponibilité des produits jusque dans les zones reculées.
Un investissement rentable pour le pays

L’investissement dans la contraception est aussi un levier économique.
D’après les Nations Unies, un accroissement du taux de prévalence contraceptive à 25,4 % d’ici 2030 permettrait à la RDC de générer près de 19,7 milliards de dollars en gains socio-économiques.
Ces ressources pourraient être réinvesties dans la santé, l’éducation, l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes.
De plus, la couverture de seulement la moitié des besoins non satisfaits en planification familiale, entre 2020 et 2030, permettrait d’éviter :
– 13,6 millions de grossesses non désirées,
– 3,3 millions d’avortements à risque,
– et 50 000 décès maternels.
Une journée mondiale pour sensibiliser et agir

Instituée en 2007, la Journée mondiale de la contraception est soutenue par l’OMS et l’UNFPA.
Initialement centrée sur la sensibilisation des jeunes, elle vise aujourd’hui toute la population, avec pour objectif de garantir un accès équitable, efficace et durable aux méthodes contraceptives modernes.
En RDC, cette commémoration 2025 apparaît comme un appel urgent à intensifier les actions en matière de santé reproductive, afin d’offrir à chaque femme, chaque jeune fille et chaque adolescent la possibilité de choisir librement et en toute sécurité leur avenir.
Lydia Mangala


