L’Assemblée nationale franchit une étape décisive dans la lutte contre la malnutrition en RDC avec l’inscription d’une proposition de loi ambitieuse sur la sécurité alimentaire.
Selon la rapporteure adjointe, Dominique Munongo, cette initiative vise à instaurer un cadre légal garantissant à tous un accès équitable à une alimentation de qualité, un droit fondamental reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention internationale des droits de l’enfant.
Des indicateurs alarmants et une urgence à agir
Face à des chiffres inquiétants, notamment 28 millions de Congolais confrontés à une insécurité alimentaire aiguë et un taux de malnutrition chronique infantile de 47,9%, le débat parlementaire s’inscrit dans une démarche urgente.
Le directeur du programme national de nutrition souligne la nécessité d’une collaboration intersectorielle pour inverser la courbe de la malnutrition, un enjeu qui impacte directement la santé et l’économie du pays.
Des mesures concrètes pour renforcer l’agriculture locale
Portée par les députés Thadée Katembo et Alexandre Muhasa, la proposition de loi, structurée en 11 titres et comprenant 51 articles, définit les objectifs et le cadre institutionnel de la sécurité alimentaire, de la gouvernance centrale aux entités territoriales décentralisées.
Elle met en exergue le rôle négatif du secteur minier, qui freine le développement de l’agriculture locale, et souligne la dépendance aux produits importés, représentant environ 70 % de la consommation alimentaire, contre 30 % pour la production locale.
Alexandre Muhasa rappelle que, selon un ancien responsable du commerce extérieur, le coût annuel des importations agroalimentaires atteignait 7 milliards de dollars en 2023, justifiant ainsi un appel à une régulation plus stricte du marché.
Une mobilisation déterminée pour un avenir résilient
En inscrivant cette proposition au calendrier des débats, les parlementaires affichent leur détermination à répondre à une urgence humanitaire tout en réorientant l’économie nationale vers un modèle plus résilient et équitable.
La mobilisation de l’Assemblée nationale et l’appui des acteurs du secteur nutritionnel soulignent la volonté de prioriser la santé des populations et de développer une approche durable pour lutter contre la malnutrition en RDC.
Lydia Mangala


