Le bourgmestre adjoint de la commune de Limete, Isaac Mukendi, a réagi aux comparaisons établies ces dernières heures entre la gouvernance au Bénin et celle de la République démocratique du Congo, notamment autour de la rapidité de formation des gouvernements.
Dans une déclaration publiée ce week-end, il critique ce qu’il qualifie de lecture « partielle » des réalités institutionnelles africaines par certains acteurs politiques de l’opposition.
Selon lui, plusieurs observateurs présentent le Bénin comme un modèle d’efficacité au motif que « le Président forme son gouvernement quelques heures seulement après son investiture ». Une comparaison qu’il juge incomplète si elle ne tient pas compte des différences constitutionnelles entre les deux pays.
Isaac Mukendi rappelle que le Bénin fonctionne sous un régime présidentiel rationalisé, où l’essentiel du pouvoir exécutif est concentré entre les mains du chef de l’État, lui permettant ainsi de disposer d’une plus grande marge de manœuvre dans la désignation de son équipe gouvernementale.
À l’inverse, explique-t-il, la RDC évolue dans un système institutionnel hybride marqué par un partage du pouvoir exécutif entre le Président de la République, le Gouvernement et la majorité parlementaire dont émane le Premier ministre.
« Ce modèle implique nécessairement des consultations politiques, des mécanismes d’équilibre institutionnel ainsi que des compromis parfois longs, complexes et particulièrement chronophages », a-t-il déclaré.
Le bourgmestre adjoint de Limete estime dès lors qu’il est difficile de critiquer les lenteurs liées au fonctionnement des institutions tout en refusant d’ouvrir un débat de fond sur les réformes institutionnelles.
Plaidant pour une réflexion approfondie sur l’organisation du pouvoir en RDC, Isaac Mukendi appelle à « un débat sérieux, dépassionné et responsable » sur les mécanismes susceptibles de conduire vers « un modèle plus cohérent, plus stable et davantage adapté aux exigences de gouvernance et d’efficacité de l’État ».
Avant de conclure par une formule sans détour : « Trêve d’hypocrisie ! ».
La rédaction


