En marge de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9), la Première Ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a rencontré le mercredi 10 aout 2025 Raouf Mazou, Haut-Commissaire adjoint aux opérations du HCR.
L’entretien a porté sur la question cruciale du rapatriement des réfugiés congolais et rwandais, dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes.
Un processus de rapatriement sous conditions de rigueur
Au cours de cette audience, Judith Suminwa a insisté sur la nécessité d’un mécanisme rigoureusement encadré, reposant sur une identification claire et fiable des réfugiés.
Selon elle, un processus mal structuré risquerait de créer de nouvelles crises dans une région déjà fragilisée par les conflits. La Première Ministre a également attiré l’attention du HCR sur le sort des réfugiés congolais installés au Burundi, plaidant pour un suivi plus attentif de leur situation afin de garantir leur retour en toute sécurité.
De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés a réaffirmé son attachement au respect du principe de rapatriement volontaire.
Raouf Mazou a salué les efforts de paix engagés dans la région des Grands Lacs et a rappelé l’importance de l’accord tripartite signé à Addis-Abeba, censé encadrer un retour volontaire, sécurisé et digne des réfugiés.
La paix comme condition incontournable du développement
Au-delà de la question humanitaire, Judith Suminwa a pris part à la plénière de la TICAD9 consacrée à la paix et à la stabilité en Afrique.
Dans son intervention, elle a souligné que le développement ne peut s’envisager sans un socle solide de paix et de stabilité. Elle a évoqué les défis sécuritaires dans la région des Grands Lacs, dominée par une guerre d’agression, et a rappelé les initiatives en cours, notamment l’Accord de Washington et le processus de Doha.
La Cheffe du Gouvernement a insisté sur la nécessité d’accompagner la quête de stabilité par une vision claire de développement durable.
Elle a salué l’engagement constant du Japon, qu’elle considère comme un partenaire de choix dans cet élan de consolidation de la paix et de relance économique.
La RDC et le Japon, un partenariat déjà fructueux
La participation de la RDC aux éditions précédentes de la TICAD a déjà produit des résultats tangibles.
Le pays a bénéficié de la construction d’infrastructures majeures comme la route Poids Lourds à Kinshasa, du financement de projets structurants dans les secteurs de la santé et de l’agriculture, ainsi que d’un appui à la formation professionnelle à travers l’INPP. La coopération entre Kinshasa et Tokyo s’annonce encore plus ambitieuse, avec de nouveaux investissements prévus, dont l’exploitation et la transformation du manganèse dans le Kongo Central.
Une tribune mondiale pour l’Afrique
La neuvième édition de la TICAD réunit du mercredi 20 au vendredi 22 août 2025 à Yokohama plusieurs Chefs d’État et de Gouvernement africains autour de la coopération Japon–Afrique pour les cinq prochaines années.
Pour la Première Ministre congolaise, ce forum doit servir de catalyseur pour une croissance durable, inclusive et résiliente sur le continent.
La délégation congolaise, composée notamment de membres du gouvernement tels que Julien Paluku, Louis Watum Kabamba, Didier Mukoko Samba et Noëlla Ayeganagato, accompagne Judith Suminwa dans ce plaidoyer stratégique.

Mais au-delà de la vitrine diplomatique, cette rencontre soulève une réflexion essentielle sur la maniere de faire en sorte que ces grandes conférences internationales se traduisent réellement en bénéfices concrets pour les populations africaines.
Lydia Mangala


