Au milieu des discours techniques, des chiffres et des engagements politiques, une voix singulière est venue bousculer le ton des échanges lors du segment politique de haut niveau consacré au financement durable de l’éducation. Celle de la slameuse Do Nsoseme, qui, le temps d’une performance, a replacé l’humain au cœur des débats sur le financement de l’éducation.
Elle a raconté l’histoire de Kavira, une jeune fille issue d’un milieu modeste, portée par une détermination farouche à transformer son destin grâce à l’école, un récit en apparence simple, mais profondément révélateur des réalités vécues par des milliers d’enfants à travers le pays.
Déclamant que chaque matin, Kavira n’entrait pas dans une école. Elle entrait dans une promesse. Une promesse fragile, mais plus forte que la peur de l’échec. Plongeant ainsi la salle dans un silence attentif.
Au fil de sa prestation, Do Nsoseme a mis en lumière les défis souvent invisibles tels que le manque de moyens, les sacrifices familiaux, les longues distances à parcourir, mais aussi cette foi tenace en l’éducation comme levier d’émancipation.

« Kavira n’avait pas toujours des cahiers neufs, mais elle avait des rêves impeccables », a-t-elle lancé, suscitant émotion et réflexion parmi les participants.
Son slam a également dénoncé le silence, une autre forme de précarité plus insidieuse.
« Le silence est parfois la première des pauvretés : le silence des enfants qui n’osent pas rêver, celui des systèmes qui n’écoutent pas, et celui des décisions qui tardent », a-t-elle affirmé.
« Briser ce silence, c’est déjà amorcer le changement », a-t-elle lancé.

Au-delà de l’émotion, son message s’est voulu une interpellation directe aux décideurs présents.
« Ne nous parlez pas seulement de stratégies. Parlez-nous d’enfants qui réussissent. Ne nous parlez pas seulement de budgets. Parlez-nous d’avenirs qui s’ouvrent », a-t-elle insisté.
Dans un contexte marqué par des décisions structurantes pour l’avenir du système éducatif congolais, cette performance a agi comme un rappel quel derrière chaque réforme et chaque ligne budgétaire se jouent des trajectoires de vie.
« L’éducation n’est pas un projet. C’est une urgence, une urgence qui porte le visage de Kavira, et celui de millions d’autres enfants », a-t-elle conclu.

Longuement applaudie, Do Nsoseme n’a pas seulement offert une parenthèse artistique. Elle a surtout réaffirmé, avec justesse, que l’éducation dépasse les politiques publiques, elle touche à la dignité, à l’égalité des chances et à l’avenir même de la société.
Ben Mandjolo


