Lors de la deuxième édition des Rencontres d’Exception, Julie Nsuele, entrepreneure et experte en communication et microfinance, a pris la parole lors du premier panel, modéré par Eliane Munkeni Kiekie, pour souligner le rôle primordial des femmes dans l’économie congolaise et la nécessité d’une banque de développement dédiée aux femmes.
Un potentiel économique sous-exploité
Julie Nsuele a commencé par rappeler la place des femmes dans l’économie nationale :
« Il y a 52% de femmes dans la population et elles représentent 43% des PME. La plupart se retrouvent dans de petites activités et évoluent progressivement, mais plusieurs raisons les retiennent de se formaliser, notamment la tracasserie administrative », a-t-elle expliqué.
Elle a insisté sur l’importance de créer un pont vers la formalisation des activités féminines.
« Je souhaite vivement l’avènement d’une banque de développement pour les femmes. Cette banque proposerait des conditions souples d’accès aux services bancaires et serait un levier pour régulariser leurs structures », a-t-elle ajouté.
Les obstacles et solutions pour l’inclusion financière
L’entrepreneure a identifié plusieurs obstacles à l’accès des femmes au financement notamment le coût élevé des crédits et services financiers, les seuils de rentabilité imposés par les banques commerciales, et les contraintes législatives comme le capital minimum requis pour créer une banque.
« Qu’est-ce qui empêcherait les femmes de créer une banque de développement ? Nous avons la compétence, le réseautage et la capacité de mobiliser des fonds. Avec ces éléments, il n’y a aucune raison de ne pas le faire », a-t-elle affirmé.
Elle a proposé une structure mixte pour cette banque .
« 40% pour les investisseurs privés, 30% pour l’État, 30% pour les femmes elles-mêmes. Cela permettrait d’ancrer l’institution dans le paysage bancaire congolais tout en favorisant la dédollarisation et l’inclusion financière », a-t-elle expliqué.
La force de l’épargne et de la formation
Julie Nsuele a mis en avant la culture de l’épargne chez les femmes comme un atout clé pour la réussite de cette initiative.
« Si l’accent est mis sur la collecte de l’épargne et combiné à la formation, cela créera une prédisposition des femmes à accepter les services financiers », a-t-elle souligné.
Elle a également cité l’exemple de la Mutualité Financière des Femmes Africaines (MIFA).
« En deux ans, la MIFA a créé 7 agences et un portefeuille de près de 20 000 clients. Cela montre que c’est possible avec la volonté, la mobilisation et des personnes qualifiées », a-t-elle déclaré, invitant à s’inspirer de ce modèle pour le contexte congolais.
Vers une inclusion financière durable
Julie Nsuele a conclu son intervention en appelant à la mobilisation, à l’ambition et à la détermination des femmes pour construire une structure bancaire dédiée à leur autonomisation économique.
« Créer une banque de développement pour les femmes est un pas vers l’inclusion financière et la souveraineté économique de notre pays. Il est temps de créer une banque de développement. Il est temps de passer de la volonté à l’action », a-t-elle exhorté.
Lydia Mangala


