La République Démocratique du Congo s’est dotée d’une Stratégie Nationale de l’Alimentation Scolaire 2025-2030, un cadre multisectoriel ambitieux visant à instaurer des cantines scolaires dans les établissements du pays afin de garantir aux élèves une alimentation saine, équilibrée et durable.
Cette initiative, impulsée par le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi et portée par le Gouvernement sous le leadership de la Première Ministre Judith Suminwa et de la Ministre d’État en charge de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, marque une étape décisive dans les réformes éducatives et sociales de la RDC.
Un levier pour l’éducation et la réussite scolaire
Lors du Conseil des ministres du 20 octobre 2023, le Président Tshisekedi avait insisté sur l’importance des cantines scolaires comme facteur déterminant de concentration, de performance et de rétention des élèves.
« La capacité d’attention et de concentration propre à chaque enfant est largement tributaire d’une alimentation saine et équilibrée », a-t-il rappelé dans sa préface.
La stratégie s’inscrit dans la vision gouvernementale de bâtir un système éducatif inclusif et de qualité, contribuant au développement national, à la paix et à la promotion d’une citoyenneté démocratique active, en phase avec le Plan National Stratégique de Développement (PNSD 2024-2028), les Objectifs de Développement Durable (ODD) et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.
Une approche multisectorielle et intégrée
Selon la Ministre d’État Raïssa Malu, l’alimentation scolaire ne doit pas être perçue comme un simple programme d’assistance, mais comme un instrument de politique publique multisectorielle reliant éducation, nutrition, agriculture et développement communautaire.
La stratégie repose sur trois axes principaux :
– Accès et équité : en réduisant les barrières économiques et sociales, notamment dans les zones rurales et défavorisées ;
– Qualité de l’enseignement : en favorisant la concentration et l’apprentissage grâce à une meilleure nutrition ;
– Gouvernance et durabilité : en s’appuyant sur l’approvisionnement local et la participation des producteurs agricoles.
Objectifs et principes de mise en œuvre
La Stratégie Nationale 2025-2030 définit clairement les rôles et responsabilités des ministères, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé et des communautés locales. Elle prévoit notamment :
– des repas équilibrés et adaptés aux habitudes alimentaires locales ;
– la promotion des jardins scolaires et de l’éducation nutritionnelle ;
– des actions complémentaires comme le déparasitage, l’accès à l’eau potable et l’assainissement ;
– un modèle d’approvisionnement local impliquant les organisations paysannes et les services traiteurs ;
– un cadre réglementaire évolutif pouvant aboutir à une loi nationale sur l’alimentation scolaire.
Financement et durabilité
Le Gouvernement s’engage à assurer le financement prioritaire du programme, avec l’appui attendu des bailleurs, des ONG, du secteur privé et des communautés locales.
Des mécanismes innovants de financement solidaire, au niveau national et international, sont également prévus pour garantir la pérennité de l’initiative.
Un investissement pour l’avenir
Les études menées démontrent que chaque dollar investi dans l’alimentation scolaire peut générer entre 10 et 20 dollars de retour socio-économique, grâce à l’amélioration des performances scolaires, à la réduction des inégalités et au renforcement du capital humain.
« L’alimentation scolaire est bien plus qu’un repas : c’est un investissement dans la santé, l’éducation et l’avenir de chaque enfant », a déclaré la Ministre d’État Raïssa Malu, appelant tous les acteurs à s’approprier cette stratégie.
Avec cette initiative, la RDC place l’éducation et la nutrition au cœur de son développement, affirmant sa volonté de préparer une génération d’élèves en bonne santé, compétents et pleinement engagés dans la construction nationale.
Lydia Mangala


