Lors du second panel, intitulé « Femmes d’Exception et inclusion financière : de la formation à l’autonomie économique », animé par Sivi Malukisa, Sibia Ngayihembako, Directrice générale adjointe de FINCA RDC, a partagé son expertise sur l’éducation financière des femmes et son rôle crucial pour l’inclusion économique.
Comprendre l’exclusion financière des femmes

Sibia Ngayihembako a expliqué pourquoi les femmes sont souvent plus exposées à l’exclusion financière.
« Je crois qu’il y a beaucoup de facteurs, mais le temps est un élément clé. On perçoit souvent les femmes comme étant faibles, alors qu’elles tiennent les ménages. Lorsqu’il y a un grand coût de financement, cela exclut les femmes. Nous savons très bien gérer les finances. Il y a déjà une sorte de sixième sens qui nous permet d’utiliser au mieux les ressources qui nous sont mises à disposition », a-t-elle souligné.
Elle a rappelé l’expérience de FINCA depuis plus de 40 ans dans l’éducation financière.
« Les premiers crédits étaient donnés aux femmes agricultrices et elles remboursaient. J’ai rencontré une femme en 2005 qui vendait des cosseques de manioc. Elle a reçu un crédit de 20$ et en 2009, elle avait un crédit de plus de 5 000$. La discipline et l’éducation financière font toute la différence », a-t-elle ajouté.
Le rôle du numérique et de l’innovation

La responsable a insisté sur l’importance de l’innovation technologique pour faciliter l’inclusion financière.
« Embrassez le numérique pour apprendre et effectuer vos transactions financières. Cela fait gagner du temps, cela crée un historique qui est essentiel pour accéder aux crédits et aux services. Lorsqu’une femme arrive, il n’y a souvent rien dans son historique », a-t-elle expliqué.
Elle a également mentionné les initiatives de FINCA dans les universités et les écoles secondaires pour former les jeunes à l’éducation financière et accompagner les projets déjà existants.
« Pour nos jeunes, FINCA est en tournée dans les universités pour faire des formations en éducation financière. Ceux qui ont déjà des activités peuvent se voir financer leurs projets. Nous collaborons avec des institutions offrant des produits spécifiques pour les femmes, comme BOMOKO à Kinshasa, qui réalise un travail formidable », a-t-elle précisé.
La formation, un levier pour sortir de la pauvreté
Sibia Ngayihembako a insisté sur le fait que la formation est un pilier de l’autonomisation économique.
« La formation est un levier important parce que tout le monde n’a pas fait d’études financières. Pour qu’une femme réussisse, elle doit passer par une formation en éducation financière. Si nos institutions financières ne sont pas bien encadrées, la suite est un échec. L’éducation et l’épargne permettent de sortir de la pauvreté », a-t-elle affirmé.
« Un mot : autonomisation », a-t-elle clos son propos.
Pour Sibia Ngayihembako, c’est grâce à l’éducation financière et à la discipline que les femmes peuvent accéder à l’inclusion économique et contribuer pleinement à la souveraineté financière de leur pays .
Lydia Mangala


