À travers une prise de parole publique, Anny T. Modi relance le débat sur la place des femmes dans les mécanismes de paix en République démocratique du Congo. Pour cette actrice engagée, toute démarche de stabilisation qui marginalise les femmes reste fragile et incomplète.
Dans sa déclaration, elle met en garde contre une erreur stratégique encore trop fréquente dans les processus de sortie de crise.
« Les processus de paix non inclusifs ne résolvent pas les conflits : ils les suspendent », affirme-t-elle.
Selon elle, exclure les femmes revient à repousser les tensions plutôt qu’à les résoudre durablement. Elle insiste sur le fait que les femmes congolaises ne sont pas de simples bénéficiaires des politiques de paix, mais des actrices de première ligne, profondément enracinées dans les dynamiques communautaires.
Sur le terrain, rappelle-t-elle, ce sont souvent les femmes qui assurent la médiation sociale, soutiennent les victimes, maintiennent les solidarités locales et portent l’assistance humanitaire dans les zones fragilisées. Leur mise à l’écart affaiblit donc mécaniquement la légitimité des accords conclus et réduit leurs chances de tenir dans le temps.
Au-delà d’un plaidoyer pour l’égalité, Anny Modi pose la question en termes d’efficacité et de sécurité collective. Pour elle, l’inclusion des femmes doit être comprise comme une exigence stratégique. Elle y voit une condition essentielle pour prévenir la résurgence des violences et consolider une paix véritablement enracinée dans les réalités locales.
La RDC continue de faire face à des défis sécuritaires persistants, notamment dans sa partie orientale. Dans ce paysage fragile, la voix d’Anny Modi résonne repense les approches classiques de consolidation de la paix.
En plaçant les femmes au cœur de la solution, elle invite décideurs, partenaires et acteurs communautaires à changer de paradigme, à bâtir la paix avec les femmes, ou accepter le risque de la voir s’effriter.
Lydia Mangala


