Le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme face à l’horreur qui frappe l’Est de la République Démocratique du Congo.
Réagissant au récent rapport d’enquête des Nations Unies, il a dénoncé le massacre de 319 civils, dont 48 femmes et 19 enfants, perpétré entre le 9 et le 21 juillet dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu) par des éléments du M23 et des Forces de Défense Rwandaises.
Un drame qui, selon lui, illustre la barbarie subie par le peuple congolais depuis plus de trente ans.
Un massacre qui glace le sang
Selon le rapport onusien, les atrocités se sont déroulées en plein conflit armé, dans des villages où les populations étaient déjà fragilisées par des années d’insécurité.
Les témoignages recueillis décrivent des scènes insoutenables, confirmant le caractère systématique et ciblé des attaques.
« Cet acte reflète une nouvelle fois la barbarie à laquelle le peuple congolais est confronté depuis trois décennies », a déclaré Mukwege soulignant que les crimes commis ne peuvent rester impunis.
L’échec des accords de paix et l’avancée des rebelles
L’alerte du médecin de Panzi ne se limite pas à la dénonciation du massacre. Il met également en lumière la dégradation rapide de la situation sécuritaire. Les rebelles, loin de reculer, avancent désormais jusque dans de nouvelles localités du Sud-Kivu.
« Les espoirs placés dans les prétendus cessez-le-feu issus des accords de Washington et de Doha se sont avérés n’être qu’une façade », a-t-il dénoncé accusant ces arrangements diplomatiques de servir de paravent à l’inaction internationale.
Un appel à la responsabilité nationale
Face à l’ampleur de la crise, Denis Mukwege a lancé un message fort :
« Personne ne viendra sauver le Congo à notre place », a-t-il affirmé, appelant la classe politique congolaise à dépasser les divisions et les calculs partisans pour se dresser comme un rempart contre ce qu’il qualifie de projet d’extermination et de balkanisation du pays.
Une urgence qui ne peut plus attendre
Pour le prix Nobel, il ne s’agit plus d’attendre des solutions venues d’ailleurs, mais de bâtir une réponse interne, un front national déterminé.
Il a averti que chaque jour d’inaction coûte des vies et rapproche un peu plus la RDC du point de non-retour.
Lydia Mangala


