Au cœur du briefing spécial organisé ce mardi sur la chaîne nationale Radio-Télévision Nationale Congolaise et consacré à la « 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC : état de la situation et mesures de riposte », un nom a particulièrement retenu l’attention : le virus Ebola de souche Bundibugyo.
Face à la montée des inquiétudes dans l’opinion publique, les autorités congolaises ont tenu à clarifier la nature de cette nouvelle flambée épidémique et à rassurer la population sur les caractéristiques de cette souche identifiée dans les zones touchées de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Samuel Roger Kamba : une souche moins létale

Prenant la parole devant les médias, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention sociale, Samuel Roger Kamba, a expliqué que les analyses menées par les laboratoires congolais ont confirmé qu’il s’agit du virus Ebola de souche Bundibugyo.
Le ministre a précisé que cette variante est connue des scientifiques depuis plusieurs années et qu’elle présente un taux de mortalité inférieur à celui de la souche Ebola Zaïre, responsable des précédentes épidémies les plus meurtrières en RDC.
« Il s’agit de la souche Bundibugyo, qui est moins létale que la souche Zaïre que nous avons connue auparavant », a-t-il déclaré lors du briefing retransmis sur la RTNC.
Il a toutefois insisté sur le fait que cette caractéristique ne doit pas conduire à un relâchement des mesures de prévention. Même si elle est jugée moins agressive, cette souche demeure dangereuse et nécessite une réponse sanitaire rapide pour éviter sa propagation.
Jean-Jacques Muyembe : une souche déjà connue
Le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe Tamfum a apporté des précisions scientifiques sur cette variante du virus Ebola.
Le Directeur général de l’INRB a rappelé que le virus Bundibugyo avait déjà été identifié en Afrique de l’Est avant d’être détecté en RDC lors de précédentes flambées.
« Cette souche est connue des chercheurs et nous avons déjà une expérience dans sa prise en charge », a-t-il affirmé.
Il a également souligné que les capacités de diagnostic rapide développées par l’INRB permettent aujourd’hui d’identifier plus rapidement les cas suspects et d’isoler les patients contaminés.
Patrick Muyaya appelle à combattre les rumeurs
De son côté, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a insisté sur l’importance de la communication officielle face à la circulation massive de rumeurs sur les réseaux sociaux.
Il a rappelé que plusieurs intox circulent déjà autour du virus Bundibugyo, alimentant la peur dans certaines communautés.
« Nous devons combattre la désinformation avec la vérité scientifique et les informations officielles », a-t-il déclaré.
Le ministre a appelé la population à faire confiance aux autorités sanitaires et aux experts afin d’éviter toute panique inutile.
Une souche différente du virus Ebola Zaïre
Les autorités sanitaires ont rappelé que le virus Bundibugyo appartient à la famille des virus Ebola, mais présente certaines différences avec la souche Zaïre, notamment un taux de mortalité généralement plus faible, une évolution clinique différente selon les patients et une meilleure connaissance scientifique grâce aux précédentes flambées
Cependant, le danger reste réel, en particulier dans les zones où les infrastructures sanitaires sont fragiles.
Des décès suspects déjà recensés
Le ministre de la Santé a indiqué qu’au moins 131 décès suspects ont déjà été signalés dans les zones touchées, sans que tous soient formellement attribués à Ebola.
« Tous ces décès ne sont pas forcément liés à Ebola. Des investigations sont en cours », a-t-il précisé.
Les analyses biologiques se poursuivent afin de confirmer les cas et de retracer les chaînes de contamination.
Le gouvernement veut éviter la psychose
À travers ce briefing diffusé sur la télévision nationale, le gouvernement a voulu envoyer un message clair : la situation est sérieuse mais maîtrisée grâce à l’expérience acquise par la RDC dans la lutte contre Ebola.
Les autorités ont appelé la population à respecter strictement les mesures de prévention, notamment le signalement rapide des symptômes suspects, l’évitement des contacts avec les personnes malades, le respect des consignes sanitaires ainsi que la collaboration avec les équipes médicales
Alors que la RDC affronte sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, les prochains jours seront déterminants pour évaluer l’efficacité des mesures de riposte contre cette souche Bundibugyo, qui ravive une nouvelle fois les inquiétudes sanitaires dans le pays.
Ben Mandjolo


