La Ligue des féministes de la République démocratique du Congo a exprimé, au travers un communiqué rendu public ce mardi 7 avril 2026 à Kinshasa, sa profonde indignation à la suite du verdict prononcé dans une affaire de violences commises par un médecin sur une femme après son accouchement. Une réaction ferme qui met en lumière les failles persistantes dans la prise en charge des violences faites aux femmes en République démocratique du Congo.
Si l’organisation reconnaît l’intervention de la justice, elle estime néanmoins que la sanction infligée, deux mois de servitude pénale avec sursis, est largement insuffisante au regard de la gravité des faits.
« La sanction prononcée est en totale inadéquation avec la gravité des faits », indique le communiqué consulté par Zolanews.
Pour la Ligue, cette décision envoie un signal particulièrement inquiétant dans un contexte où les violences basées sur le genre restent un enjeu majeur.
« Elle envoie un signal préoccupant : celui de la banalisation des violences faites aux femmes », souligne le document.
L’organisation insiste sur la nature des faits, qualifiés sans ambiguïté de violences obstétricales, survenues dans un moment de vulnérabilité extrême pour la victime.
« Ces actes relèvent clairement des violences obstétricales », précise le communiqué, avant de dénoncer une réponse judiciaire jugée inadaptée.
Au-delà de ce cas précis, la Ligue pointe un problème structurel lié à l’encadrement juridique de ce type de violences.
« Leur faible qualification juridique et la légèreté de la peine traduisent une pauvreté juridique persistante », déplore-t-elle, mettant en cause les limites du système judiciaire congolais dans la protection effective des femmes.
L’organisation rappelle les principes fondamentaux en matière de droits humains et de dignité.
« Une violence, même dite minime, ne peut être tolérée, justifiée, expliquée ou relativisée », martèle le communiqué.
Ce verdict intervient pourtant dans un contexte symbolique du mois dédié aux droits des femmes, où les attentes en matière de justice et de protection sont particulièrement élevées.
« Ce jugement aurait dû constituer un précédent fort, un signal clair de tolérance zéro », estime la Ligue, regrettant une occasion manquée de faire avancer la lutte contre les violences faites aux femmes.
Le communiqué revient également sur le cas de la victime, Dorcas, présenté comme révélateur d’un malaise plus profond au sein de la société congolaise.
« La situation de Dorcas illustre parfaitement l’urgence d’une prise en charge psychosociale en RDC », souligne l’organisation, qui dénonce par ailleurs les réactions de banalisation et de moquerie face à ce type de drame.
Pour la Ligue des féministes, ces attitudes traduisent un traumatisme collectif enraciné dans l’histoire du pays.
« Réagir par la moquerie face à une telle souffrance témoigne d’un traumatisme collectif qu’il ne faut plus ignorer », insiste le communiqué.
La ligue des féministes de la RDC formule plusieurs revendications, notamment le renforcement de l’arsenal juridique en matière de protection des femmes, une meilleure qualification des violences obstétricales, ainsi qu’un appel à la responsabilité des professionnels de santé.
« La violence ne se gradue pas, elle se combat », conclut le communiqué, appelant à une mobilisation collective pour mettre fin à toutes les formes de violences faites aux femmes en RDC.
Il s’agit d’un plaidoyer lancé en faveur d’une justice plus ferme et d’une société plus respectueuse des droits et de la dignité des femmes.


Lydia Mangala


